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Manigances

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Aaron Pangmel
LANGUE DE PLOMB.



MessageSujet: Manigances Mar 4 Sep - 19:09

Tout semblait figé dans le cimetière d'Abney Park, alors que le jour se mourrait sur la ligne d'horizon... Ce secteur de la ville de Londres n'avait pas bonne réputation et les journaux avaient plus d'une fois relaté les mésaventures des sorcières et sorciers qui s'y étaient aventurés. Du coup, le lieu était désert la plupart du temps. Et c'est précisément d'un désert dont Aaron avait le plus grand besoin pour s'adonner dans les meilleures conditions à quelques méditations... Un flash lumineux accompagné du claquement caractéristique d'un transplannage retentit bientôt entre deux tombeaux, à l'entrée du lieu sacré. La silouhette du fils Pangmel venait de se matérialiser.

Lançant un regard successivement dans chacune des directions, Aaron remarqua qu'il était pour l'heure l'unique visiteur. Lentement, il se mit en marche, glissant avec élégance le long des allées, passant telle une ombre entre les pierres tombales. Dans ce calme absolu, le garçon pouvait sans autre travailler ses pensées les plus sombres, sans devoir craindre d'être dérangé de quelques façon que ce fût.

En l'occurence, il était absorbé par son retour aux affaires, le lendemain. La langue-de-plomb reprenait en effet du service au département des Mystères, suite à un congé estival des plus profitables, au cours duquel Aaron avait par hasard rencontré quelques personnalités intéressantes, dont un sorcier, Asmodeus Way, qu'il avait réussi à endoctriner dans les petits trafics de contre-bande qu'il ourdissait avec son paternel. Petit criminel à ses heures perdues, Pangmel n'avait rien d'un sorcier crapuleux, il avait une excellente réputation, en bonne partie méritée, et ne faisait que profiter des largesses du système pour s'assurer un confort maximal. Les lois et règlements du ministère lui importaient peu, sa famille avait toujours été puissante, et la puissance était aux yeux du sorcier synonyme de liberté. Par elle, on s'affranchissait des contraintes, obligeant les autres à céder. Et c'est la puissance que recherchait plus que tout le jeune homme.


~ Le sortilège du Spiritum Dismembrare entre dans sa phase expérimentale, il est presque stable, et une fois finalisé, il fera des ravages, aucun doute là-dessus. Il pourrait même me valoir une promotion, pour peu que l'homologation ne pose pas de difficultés particulières. Avec ça, les Aurors seront en mesure de porter des coups sévères aux ennemis les plus corriaces du Ministère, j'ai hâte d'en faire la démonstration à la hiérarchie. Quelques mises au point encore, l'affaire d'une semaine ou deux... Au stade où j'en suis, les expérimentations deviennent clairement dangereuses, mais c'est peu dire qu'elles en valent la peine. ~

Alors que le fil des pensées d'Aaron se déroulait tout naturellement, la silhouette du jeune sorcier s'enfonçait plus avant dans le lugubre cimetière. Il y avait certes les activités au Ministère qui occupait l'esprit de l'héritier Pangmel, mais plus encore, le magicien se demandait dans quelle mesure il avait intérêt à poursuivre une carrière conforme, en bonne et due forme, auprès de son département. Quelque chose en lui le démangeait, l'envie de plus, l'envie d'aventure, un besoin de défier le système et d'en retirer une certaine force. A dire vraie, sa vie londonienne bien ordonnée ennuyait de plus en plus le châtain, qui réfléchissait à des alternatives, et parmi elles, il y avait les activités de contrebandes de son père, qui étaient suceptible de pimenter, momentanément du moins, sa petite existence.

- Ce Way, il est aisément manipulable, je devrais pouvoir en faire rapidement ce que je veux. Une fois que je l'aurai dressé, et qu'il m'aura prouvé sa fiabilité, je pourrai peut-être me mettre à lui confier des affaires plus délicates. Le hasard fait résolument bien les choses...

Sans vraiment s'en rendre compte, Aaron s'était mis à réfléchir à voix haute. Son esprit vagabondait désormais d'une idée à l'autre, jonglant d'une part avec les concepts particulièrement complexes qui régissaient la mise au point de son nouveau maléfice et d'autre part avec ses ambitions criminelles, sa part d'ombre, qu'il était jusqu'alors toujours parvenu à cacher à merveille au public. Arrivé aux tréfonds d'un petit sentier, qui ne débouchait sur rien d'autre qu'une stelle en piteux état, à côté de laquelle un banc se dressait, le garçon décida de s'y arrêter un moment. Prenant place, Aaron Pangmel éleva son regard en direction des cieux. Peu à peu, les dernières lueurs du jour avaient cédées leur place à l'obscurité, et quelques étoiles perçaient déjà la voute céleste, majestueuse...

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Asphodèle Nospheratov
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MessageSujet: Re: Manigances Ven 7 Sep - 17:18

Dans l'obscurité naissante, le cimetière d'Abney Park avait paru l'endroit le plus incongru et de fait le mieux adapté aux dessins d'Asphodèle. Toujours en convalescence chez les Almadovar, elle n'avait pas perdu le fil de ses projets. Si elle avait passé six mois à se terrer dans un endroit aussi peu digne d'elle que le Marché Aux Trolls (quoiqu'il fût anthropologiquement l'un des endroits les plus intéressants de Londres) l'arrivée d'Enrique avait mis à mal ses efforts pour disparaître.

Emplie d'une nouvelle force de vivante, elle se trouvait dans le même temps étonnamment vulnérable, surexposée. Le sablier semblait s'être renversé. Si quelques semaines auparavant la brillante sorcière en elle avait été à l'agonie, prête de céder la place à une créature dont la puissance n'avait pas d'égale chez ses semblables, créatures de la nuit, cette facette là d'elle-même s'était rendormie au plus profond d'elle la laissant sourde, aveugle mais vivante. Perdre la finesse de ses sens pour revenir à ce que la nature donnait d'ordinaire aux hommes étaient sans doute le plus difficile à vivre et lui faisait perdre un avantage certain sur ceux qui lui donnaient la chasse. C'est consciente de cela qu'elle avait pris les devants et décidé de retourner contre son propre père, les armes par lesquelles il escomptait bien la ramener captive jusqu'à Slatina où il lui promettait un sacre royalement mortel.

La jeune femme se tenait donc seule dans l'une des cryptes. Ses longs cheveux blancs qu'elle n'avait plus coupés depuis sept ans, lui faisait comme un linceul gracieux, et alors, dans l'obscurité naissante, comme elle sortait de la crypte, ils lui donnaient la semblance d'un spectre. Evanescente. Gracile. Etrange. Elle était bien trop absorbée par ses pensées pour se soucier de son apparence.

Le soleil avait juste sombré derrière la ligne d'horizon. Quand elle poussa la porte de la crypte, une fumée noire la suivit dans l'allée centrale du cimetière, emplie de murmures étranges. Puis elle se dissipa, comme emportée par une brise imaginaire. Tout était calme. Si calme... Tous se rassembleront sur ton ordre... avait dit le Changelin'. Il dégageait toujours une aura de certitude quand il parlait du haut d'autant d'années qu'on voudrait bien lui en donner. Asphodèle avait souri. Pas tous. Certains désobéiraient, juste pour le plaisir de le faire.

Contrariée, elle glissa sa main dans sa poche pour en tirer sa baguette mais son geste se suspendit comme elle prenait note d'une silhouette musant elle aussi dans le cimetière avant de se poser sur un banc.

Le hasard fait résolument bien les choses..., surprit-elle sans le vouloir vraiment. Elle n'avait peut-être pas tout perdu de ses qualités surnaturelles après tout...

Un fin sourire narquois passa sur les lèvres de la métisse comme elle répondait d'une voix claire et haute qui ne laisserait pas passer outre sa présence.

Vous auriez tord de le croire...

Toujours à quelques distances de l'homme, comme il n'était pas dans ses habitudes de s'inviter, elle gardait quelque chose de spectral qui filtrait jusque dans sa voix. L'étrangeté faite corps.

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Aaron Pangmel
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MessageSujet: Re: Manigances Sam 8 Sep - 8:02

Aaron traisaillit de surprise lorsqu'il entendit une voix féminine donner la réplique à ce qu'il avait cru seulement penser. Ainsi donc, il était préoccupé au point de donner à ses réflexions un caractère concret, en les faisants naître par la voix dans le monde du réel. Quelle folie. A présent, affichant un calme parfait en surface et masquant son étonnement, Aaron détourna le regard des cieux pour le ramener sur la silhouette fine et gracile de la jeune métisse, qu'il n'avait jamais croisé jusque là. Coiffée de longs cheveux d'un blanc éclatant, elle était séduisante et jeune, pleine de promesses. Après quelques instants livrés au silence, le fils Pangmel jugea bon d'intervenir à son tour.

- J'aurais tort de m'en remettre aux biens faits du hasard? Haha, et bien je suppose que c'est une affaire d'expérience et de chemin de vie. Je n'ai jamais eu à déplorer le fait de m'en remettre à lui en tout cas. Devrais-je préféré au hasard la destiné? Non, je réprouve cette idée. Pure illusion que se sont donnés des hommes et des sorciers un peu trop créduls.

Le discours de la langue-de-plomb reflétait bien son effervessence intérieure du moment. Le garçon s'était aussitôt livré à un énoncé ultra théorique, délivrant une assertion sur la base des fondements philosophiques qu'il reconnaissait et qui le guidaient dans son travail et dans sa vie.

Suite à la spontanéité de sa déclaration, Aaron se remémora les circonstances dans lesquels il avait ce dialogue. Il était au coeur du cimetière de Abney Park, à la nuit tombée, et la réputation du lieu était excérable. Du coup, le jeune homme, par réflexe, ramena une main à la hauteur de sa baguette magique, qui pendait discrètement à la hauteur de sa ceinture, rengainée dans une pochette élégante et discrette. La prudence était de mise, on ne savait jamais à qui l'on avait affaire. Et pour chasser le brouillard à ce niveau, Aaron reprit la parole, quelques instants après s'être tu.


- A qui aie-je l'honneur? Peut-être devrais-je vous céder une partie de ce banc?

déclara le sorcier, d'une voix posée, délicieusement ferme et intriguante, tout en se laissant glissée à une extrémité de la banquette.

Pour un moment, Aaron laisserait ses sombres dessins de côté, il avait un rôle à jouer en société, et nul n'excellait autant que lui dans l'art d'entretenir des apparences avenantes.

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Asphodèle Nospheratov
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MessageSujet: Re: Manigances Mar 11 Sep - 12:00

- J'aurais tord de m'en remettre aux biens faits du hasard? Haha, et bien je suppose que c'est une affaire d'expérience et de chemin de vie. Je n'ai jamais eu à déplorer le fait de m'en remettre à lui en tout cas. Devrais-je préférer au hasard la destiné? Non, je réprouve cette idée. Pure illusion que se sont données des hommes et des sorciers un peu trop crédules.

Asphodèle eut un demi sourire amusé devant cette envolée lyrique qui n'était pas pour lui déplaire. De ses talents d'enfant de la nuit, outre l'acuité de ses sens, c'était sans doute l'empathie qui lui manquait le plus. Ce genre de petites choses dont elle n'avait jamais eu conscience et qui s'étant répandues dans le flot de son précieux sang, dissipées en volutes de fumée, lui pesaient énormément. Aussi, rencontrer un inconnu si expansif dans un cimetière malfamé, lui paraissait plus une bénédiction qu'autre chose.

]La destinée? Voilà une chose bien plus hasardeuse que le hasard lui même. Vous auriez en effet été bien mal avisé.

Il était rare que la jeune femme aille si spontanément dans le sens d'un autre. Eloquente qu'elle était et fervente amatrice de débats, elle trouvait généralement toujours quelque chose à redire, une précision à donner, une objection à faire. Elle comptait d'ailleurs ses amis sur les doigts d'une seule main et parmi ceux-là, un seul pouvait se targuer de lui répondre à l'infini et de ne jamais se lasser de l'entendre disputer jusqu'à plus soif.

Elle avisa les précautions que le jeune homme qu'elle avait dérangé prenait. Une main sur sa baguette. Là aussi, elle n'aurait que trop su partager sa méfiance. N'était-elle d'ailleurs pas un drôle de personnage entourée qu'elle était d'autres étranges personnages? Elle ne fit aucun commentaire bien qu'elle ne chercha en rien à dissimuler qu'elle avait noté.

- A qui aie-je l'honneur? Peut-être devrais-je vous céder une partie de ce banc?

A une enfant de la nuit, répondait une voix silencieuse, portée à la seule attention d'Asphodèle. Elle sourit. Ce type de réponse n'était vraisemblablement pas appropriée même si on avait raison de la rappeler à la prudence. Savait-on jamais?

]- A une personne qui, pour diable sait quelles raisons, trouve plus de charme à ce paysage de tombes qu'à la chaleur de son appartement., une bien élégante façon de faire remarquer qu'il ne s'était pas lui-même présenté, ce qui ne pouvait en rien lui inspirer confiance. Elle vint tout de même prendre place à une distance respectable de lui, à l'autre bout du banc, ]Faut-il continuer de croire qu'il n'y a que de sinistres personnes pour habiter de sinistres endroits?

Elle lui sourit, preuve qu'elle était dans d'exceptionnellement bonnes dispositions ce soir-là. Derrière ce visage un brin altier, qui n'exhibait pas la moindre mauvaise intention qui pouvait dire ce qu'il se cachait réellement? Une délicieuse enfant, fragile, un brin inconsciente ou alors une de ses femmes-fées qui hantaient les cimetières et les routes désertes à la recherche d'un malheureux à déchirer de leurs griffes?

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Aaron Pangmel
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MessageSujet: Re: Manigances Jeu 13 Sep - 13:28

Faut-il continuer de croire qu'il n'y a que de sinistres personnes pour habiter de sinistres endroits?

L'énoncé final de la demoiselle, qui avait à présent pris place aux côtés d'Aaron, amusa passablement le garçon à l'esprit momentanément si tiraillé. Ainsi donc, sur un ton parfaitemant adéquat, elle semblait le provoquer, le tester peut-être... En tout cas, elle avait refusé de décliner son identité, ce qui prouvait déjà qu'elle n'était pas idiote. Bon point pour elle. Au tour de Pangmel à présent d'en faire la démonstration.

- Certes non, ce serait là-encore s'égarer, et une telle pensée ne pourrait que me porter préjudice en cet instant... Ne me trouvé-je pas en un lieu sombre, en compagnie d'une personne qui jusqu'à l'heure ne me parait guère plus ou moins sinistre que je ne le suis moi-même? Aaron Pangmel, madame. Très heureux.

Sans trop savoir pourquoi, la langue-de-plomb avait décidé de franchir le pas des présentations, l'autre semblait digne de confiance, à tous le moins n'était-elle pas une menace immédiate. Sur le base de ces constats plus ou moins conscients, Aaron opta pour plus de détente, et laissa doucement s'éloigner sa main droite du ceinturon le long duquel pendait sa baguette magique.

Il n'y avait plus lieu que Pangmel junior ne laisse gronder en lui ses débats et ses réflexions théoriques. Il était désormais en la compagnie d'une autre sorcière, ces petites manigances reprendraient en un moment plus opportun. Un léger sourire accroché à ses lèvres, le châtain dévisagea plus exactement son interlocutrice, attendant de voir si elle aussi oserait lever le voile de son identité.

Elégante et quand bien même avenante, il se dégageait de la tierce personne toujours inconnue une aura particulière. Une aura de nuit, que l'employé des Mystères parvenait sans autre à ressentir, quand bien même il n'en devinait pas les causes exactes. S'il avait dû ouvrir un pari, Aaron aurait sans autre affirmé que la magie qui impérgnait sa collègue du moment était le fruit d'années d'études dans l'est. Durmstang peut-être... Ce fait vraisemblable concourait peut-être à confectionner l'aura crépusculaire de la jeune femme...

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Asphodèle Nospheratov
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MessageSujet: Re: Manigances Mar 18 Sep - 18:24

- Certes non, ce serait là-encore s'égarer, et une telle pensée ne pourrait que me porter préjudice en cet instant... Ne me trouvé-je pas en un lieu sombre, en compagnie d'une personne qui jusqu'à l'heure ne me parait guère plus ou moins sinistre que je ne le suis moi-même? Aaron Pangmel, madame. Très heureux.

Elle l'observait, un brin de malice dans le regard. Si elle avait passé à Mumbay les années les plus enrichissantes de sa vie, elle se trouvait là contrainte de reconnaître que les délicatesses du monde occidental et ses coqueteries de langage lui avaient cruellement manqué. Aussi se délecta-t-elle de chaque mot de son interlocuteur comme s'ils avaient eu une valeur propre. Pour elle seule.

Il lui donnait son nom ainsi qu'ils auraient chacun du faire avant même d'entâmer la conversation, du moins dans un monde convenu et parfait. Là encore un fin sourire avant de donner à Mr Pangmel ce qu'il semblait attendre. N'en aurait-elle pas espéré autant de son côté.

- Ria Jaswinder. Tout aussi enchantée., avait-elle répondu le plus naturellement du monde mais bien consciente qu'elle ne pouvait en aucun cas donner son vrai nom. Celui qu'elle et Enrique avaient inventé pour l'Université ferait parfaitement l'affaire quand bien même elle n'avait pas à l'instant le visage qui allait avec.

Un brouillard plus épais roulait à leurs pieds avec plus d'insistance chaque seconde. La jeune femme tiqua mais elle n'entendait pas se sauver comme une voleuse, ç'aurait été un comportement trop suspect. S'il fallait qu'elle s'en justifie, elle ne pourrait qu'attirer sur elle les attentions qu'elle ne voulait.

- Je ne voudrais pas vous affoler mais si vous avez des objets de valeur, je ne saurais que trop vous recommander de les garder bien à l'oeil..., fit-elle d'une voix posée comme elle constatait que dans ce brouillard, il n'y avait pas que des âmes connues.

Les vampires, lutins et autres faëries qui se dissimulaient dans les brumes pour faire les poches des honnêtes gens n'étaient que légendes urbaines. Elles s'apprêtaient pourtant à montrer un fond de vérité.

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Aaron Pangmel
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MessageSujet: Re: Manigances Mer 19 Sep - 15:24

Alors que les deux sorciers faisaient connaissance et échangeaient leurs identités, tantôt véritable tantôt falsifiée, une brume, d'abord légère, se levait peu à peu, glissant inlassablement en direction du banc qui accueillait Miss Ria Jaswinder et Sieur Aaron Pangmel. Le brouillard montant davantage de minutes en minutes, Ria s'autorisa à dispenser quelques conseils de rigueur à la langue-de-plomb, la mettant en garde quant aux vilaines intentions de certains êtres peuplant la brume. Aaron esquissa un sourir invisible dans les ténèbres toujours plus denses, puis il articula sa réponse en ces termes:

- On n'est jamais trop prudent, mais outre quelques galions et ma baguette, je n'emmène ce soir rien de valeur avec moi. Pour être tout à fait franc, bien plus que ce brouillard, c'est vous que je devrais craindre. Allez savoir pourquoi, je n'y parviens pas. Vous m'êtes sympathique j'imagine...

Suite à cette remarque, un silence s'installa. Les lieux étaient si calmes, l'atmosphère si étouffée, qu'il naissait des circonstances un certain malaise, en tout cas du côté du garçon. Ce dernier décida donc de se lever. Il allait abréger. D'ailleurs, s'il était venu ici ce soir, c'était avant tout pour être seul. Dans un soupir, Aaron s'apprêtait à prendre congé, lorsqu'un souffle passa à côté de lui. Quelque chose s'était déplacé dans l'obscurité opaque, passant à proximité immédiate du sorcier et de la femme. Une créature de la nuit à n'en pas douter, les cimetières en était plein. Parfaitement calme et en vue de le rester, Aaron opta pour dégainer sa baguette. Au même moment, un petit rire enfantin. Suivi d'autres. Et vlan, voilà qu'Aaron sent quelqu'un ou quelque chose lui tirer les cheveux. Surpris, Pangmel lâche un:

- Aie!, rapidement suivi d'une incantation...

- Lumos!

Et voilà que l'extrémité de la baguette du jeune s'illumine d'une clareté luminescente au teint bleuté, à même de dissiper la nappe de poie et l'obscurité sur un rayon de 3 mètres. A cet instant précis, Aaron découvre alors une floppée de petits être pâles tout autour de lui, et surtout, une équipée de ces créatures encerclant la sorcière qui s'était fait connaitre sous le sobriquet de Ria. Sur un ton enfantin, les êtres soudain révélés clament à l'unisson:

- Toi la dame, donne-nous ta baguette!

Le châtain étouffe un fou rire. Celle qui l'avait mis en garde paraissait plus inquiétée que lui-même, la baguette toujours rengainée, entourée des étranges créatures de nuit, qui au demeurant, ne paraissait pas constituer une menace d'envergure pour un sorcier armé. C'est donc passablement amusé qu'Aaron scruta la magicienne, curieux de voir comment elle allait réagir.

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Asphodèle Nospheratov
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MessageSujet: Re: Manigances Ven 21 Sep - 6:14

Elle sentit le malaise s'installer dans le silence, du moins du côté de Pangmel. Elle n'était guère habituée à se sentir gênée en ce qui la concernait sauf situation exceptionnelle. Et par ailleurs, le silence avait toujours été à ses yeux quelque chose de très agréable à partager avec une autre personne. Bref, ne perdons pas notre sujet de vue.

- Pour être tout à fait franc, bien plus que ce brouillard, c'est vous que je devrais craindre. Allez savoir pourquoi, je n'y parviens pas. Vous m'êtes sympathique j'imagine...
- Vous êtes bien le premier à me faire un tel compliment., répondit-elle un brin amusée.

Peut-être que les tombes qui les entouraient et la clarté de la nuit la rendaient moins froide en apparence. En tout cas c'était réellement la première fois qu'on la trouvait "sympathique" et elle en éprouvait un certain plaisir sans vraiment savoir comment réitérer cet exploit à l'avenir. Elle n'eut pas le temps de lui exposer ces idées sur la question que le jeune homme bondit sur place. Asphodèle adressa un regard aux brumes mais ils n'y étaient pour rien eux. Elle qui croyait qu'il n'y avait que des vampires dans cette brume... quoiqu'il ait pu se cacher là dedans, dans sa position ça ne représentait pas de réelle menace. Asphodèle tira sa baguette en même temps qu'Aaron mais elle s'inquiétait plus des sortilèges que lui allait lancer que de ce que leurs invités surprise avaient en tête. Par chance, ce ne fut qu'un malheureux lumos qui vint jeter un peu de lumière sur la situation. Des Korrigans... Encore un peu et l'on se serait cru dans un cours de sortilèges à Poudlard.

- Toi la dame, donne-nous ta baguette!

Asphodèle nota le rire de Pangmel. Sans doute imaginait-il qu'elle se retrouvait parfaitement sans ressources à présent. Elle aurait pu en appeler à sa cavalerie personnelle qui n'aurait fait qu'une bouchée de ces petits délinquants des cimetières. Ilsne demandaient que cela d'ailleurs mais il était essentiel pour elle de leur montrer à eux et Aaron qu'elle n'avait pas besoin qu'on la secoure.

- Mais certainement. , répondit-elle.

Puis d'un geste fort élégant, elle présenta le manche de sa baguette, esquissant une demi révérence. Quand la baguette changea de main, un étrange reflet bleu électrique la parcourut. Ca aurait tout aussi bien pu être un simple reflet du vernis mais le korrigan n'avait pas la baguette en main depuis dix secondes qu'un projectile lumineux en sortit, frappant de plein fouet un de ses congénères qui en resta pétrifié, une expression de surprise parfaitement ridicule gravée sur la figure.

- Snurf!!! Mais tu lui as tiré dessus!
- C'est pas moi! C'est elle! Elle a fait quelque chose!!

Asphodèle leva les mains pour démontrer son innocence. Les sortilèges à retardement étaientt encore une chose fort peu connue. Une invention brillante, digne d'un Maestriani ou d'un Sorcefort. Elle avait appris cette technique en Inde et peinait encore à la maîtriser pleinement. Il fallait dire que jusque là elle ne lui avait trouvé qu'une utilité limitée. Tandis que les korrigans se disputaient, la baguette jeta un second trait pétrificateur qui rebondit sur sa première victime pour aller en toucher une autre, jetant un peu plus d'huile sur le feu.

A cet instant, Asphodèle adressa un petit regard discret à Pangmel, visiblement hilare.

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Aaron Pangmel
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MessageSujet: Re: Manigances Mar 25 Sep - 20:04

Aaron n'en crut tout simplement pas ses yeux lorsque la sorcière céda sur la remise de la baguette. Dans la conception du fils unique Pangmel, il n'y avait guère un acte plus humiliant pour un mage que de se voir désarmer, volontairement ou non. A travers le bri de la possession d'une baguette magique survenait souvent quelques changements ou effets innatendus dans le rapport de l'enchanteur à cet objet si précieux, dont on affirmait à raison qu'il choississait le sorcier et non l'inverse. De tout temps, Aaron avait eu un faible pour la thématique des baguettes, il avait d'ailleurs consacré de nombreuses heures à l'étude des questions en lien avec leur élaboration. Profitant des ressources incroyables du département des Mystères, le garçon s'en était donné à coeur joie, quelques mois durant, avant d'être affecté à des devoirs plus concrets par le directeur, notamment la mise sur pied ou l'optimisation de quelques maléfices de plus ou moins grande envergure. Du coup, le rire amusé de la langue-de-plomb avait vite laissé place à une expression faciale autrement plus sérieuse et dure. Un premier sortilège jaillit subitement de l'objet en bois, frappant un Korrigan de plein fouet.

~ Merlin! De la magie à retardement... c'est pas habituel, Ria est plus intéressante qu'il n'y parait, peut-être aussi moins "gentille" que les semblants! ~

A l'instant où le deuxième sortilège s'était auto-lancé, Pangmel jugea qu'il fallait mettre un terme au manège des petits êtres de la brume, ces affreux Korrigans, bien que peu dangereux, avaient ceci de commun avec leurs cousins lutins qu'ils agaçaient au plus haut point la quasi-totalité du monde magique, à l'exception de quelques farefelus qui leur trouvaient un certain intérêt. Mais assurément Aaron n'était pas de ceux là.

La magicienne lançait un regard discret à son acolyte au moment où celui-ci concrétisait sa pensée de faire cesser les troubles en cours.


- Actio baguette, articula le châtain, distinctement.

Aussitôt, le morceau de bois quitta les mains de la créature qui la détenait pour filer furieusement vers la main tendu d'Aaron, qui réceptionna l'objet, le contemplant l'affaire d'une seconde ou deux, avant de le balancer à sa légitime propriétaire.


- Assez ri, laissez-nous, où je serai contrain de prendre des mesures..., menaça le sorcier.

Le petit peuple ne se fit guère prier, et bien que pestant, les êtres de la brume s'éloignèrent dans un joyeux tumulte, redonnant par là à l'atmosphère du cimetière un côté à nouveau lugubre et oppressant sitôt leur présence moins affirmée.

Pangmel s'accorda quelques secondes à analyser ce qu'il venait de voir. Il lui fallait à tout prix en apprendre plus sur cette magie à retardement qu'avait mise en oeuvre avec brio sa rencontre hasardeuse du soir.


- Je suis bluffé Ria, impressionné par vos talents. Qu'était-ce donc que ces sorts sortis de votre baguette alors que vous n'étiez pas là pour la manipuler?

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Asphodèle Nospheratov
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MessageSujet: Re: Manigances Mer 3 Oct - 17:49

Pour la plupart des sorciers céder sa baguette était tout simplement inimaginable, Asphodèle ne faisait pas exception à la règle. Simplement les aléas de sa petite vie bien remplie lui avaient permis de faire l'acquisition de plusieurs autres de ces précieux outils dont les sorciers ne se séparaient pour ainsi dire jamais. Et, comme il lui avait longtemps été impossible de toucher à sa baguette, la vraie, elle avait dû un temps s'en remettre à d'autres, plus ou moins efficaces, plus ou moins controlables. Aussi, elle ne bouda pas son plaisir en remettant si grâcieusement sa baguette, ravie de pouvoir jouer ce mauvais tour à cette bande de petits vauriens des cimetières.

Elle ne sut pas tout de suite si Pangmel c'était autant amusé qu'elle, il fallait dire qu'elle avait des distractions que peu de gens goûtaient mais tout de même, pour une fois elle était presque certaine que l'on partagerait son avis sur l'intérêt de ce qu'elle venait de faire. Le sorcier reprit la baguette de la discorde d'un habile sortilège. La simplicité avait bien souvent plus d'élégance qu'on ne voulait bien lui en prêter.
Asphodèle réceptionna l'objet, reprenant possession de ses aptitudes magiques les plus élémentaires. Inutile de dire que les korrigans ne trouveraient rien à redire aux semonces de Pangmel. Ils firent place nette presqu'aussitôt, laissant les deux sorciers à leur victoire.

- Je suis bluffé Ria, impressionné par vos talents. Qu'était-ce donc que ces sorts sortis de votre baguette alors que vous n'étiez pas là pour la manipuler?
- Pour être honnête, j'ai été tout aussi bluffée la première fois que je l'ai vu faire, confessa-t-elle avec un sourire en coin très élégant, Un sortilège à retardement, une salve en l'occurence. Je tiens ce tour d'un certain Maestriani que j'ai eu la chance de rencontrer lors d'un séjour en orient. Un génie comme on en croise malheureusement peu, je le regrette... mais je serais ravie de vous l'enseigner à mon tour si le coeur vous en dit.

Elle lui racontait tout cela sans se douter un instant que le Maestriani dont il était question n'était autre que le prédécesseur de James Arctarus Sorcefort au directorat du département des Mystères. L'homme en question avait subitement disparu sans laisser de trace il y avait de cela deux ans. Le Ministère avait bien entendu mis en oeuvre tout ce qui était en son pouvoir pour élucider le mystère de cette disparition mais chaque tentative était restée vaine et l'on venait seulement de tourner la page en faisant entrer Sorcefort en fonction. Malgré tout, aucune langue-de-plomb ne s'y serait trompée...



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Let's all give thanks that I am a liar,
'Cause I've got a feeling I just might get worse.
Now there's nothing wrong with you,
I'm just tired.
And I'm in a mood for a brand new curse.
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Manigances

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