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Like We Used To. -Ft. H.L.

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Kaprice Harlington
AGENT DE LA B.I.M.



MessageSujet: Like We Used To. -Ft. H.L. Dim 16 Sep - 23:33

Coucou tout le monde ! KAPRIIIIIICE ! Han, tu es venue !! Rapidement, pas moins de dix têtes blondes, brunes ou rousses s'approchèrent de l'agent de la BIM qui éclata de rire, essayant tant bien que mal de ne pas renverser les chocolats chauds et la boîte de beignets qu'elle tenait au-dessus de la foule pleine d'amour, de câlins et de peinture qui se pressait vers elle. Hey ! Mes vêtements ! C'pas grave, tu vas les nettoyer d'un coup de baguette ! Owi, Kapou, montre-nous ! La jeune femme éclata de rire, essayant de se dépêtrer de cette étreinte gigantesque, sans en avoir vraiment envie. Si elle feignait de les gronder, elle n'était jamais aussi heureuse que lorsqu'elle les retrouvait, ses petits monstres de l'Orphelinat du Chemin de Traverse qu'elle cajolait, qu'elle gâtait, et auxquels elle venait rendre visite au moins une fois tous les mois, pour s'assurer que tout allait bien. Elle les avait rendues plus fréquentes depuis qu'elle avait croisé un rôdeur en train de fixer la cour d'un air louche, ce qui n'était pas pour déplaire aux gamins, ni au personnel de l'établissement. Ils aimaient revoir leurs anciens protégés, surtout que peu étaient fidèles au poste. Mais, pour Kaprice, toutes ces personnes étaient sa véritable famille, ceux qui avaient fait d'elle celle qu'elle était, alors elle n'aurait raté ces rendez-vous pour rien au monde. Assaillie, elle salua la responsable de loin, toujours hilare, se laissant entraîner de bonne grâce jusqu'au fauteuil de la salle commune principale, dans lequel elle fut bientôt assiste, dépossédée en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire de sa veste, de son plateau et de sa boîte qui avaient déjà fait le tour des enfants. Assise là, dans ce fauteuil réservé aux grandes personnes vers lequel elle avait si souvent tourné son regard et son attention dans ses jeunes années, elle se sentait différente, et pourtant, toujours la même. Ne mangez pas tout, sinon vous ne dînerez plus ! L'heure du goûter était passée, mais elle n'avait pu s'empêcher de leur en apporter. Dis, il paraît que tu as capturé un dragon ? Pas un dragon ! DIX dragons ! J'suis sûre qu'ils étaient au moins cent ! Et elle de raconter la véritable histoire, un peu enjolivée sans doute, et passant les passages pour adultes sous silence, dans la joie et la bonne humeur.

Pas moins d'une heure après, on vint les chercher pour qu'ils passent à la douche, et Kaprice se laissa aller dans le fauteuil, non sans recevoir au moins une demi-tonne de bisous. Paupières mi-closes, elle souriait, l'air absente. Elle avait besoin de cette dose de tendresse, de cette sensation d'être à la maison, enfin. Surtout … surtout aujourd'hui. Elle avait lu dans les yeux de Mrs. Dursby qu'elle n'était pas dupe. Elle savait très bien pourquoi la jeune femme était venue ce jour précis et pas un autre, deux visites en moins de dix jours étant très franchement inhabituel. Aujourd'hui … aujourd'hui cela faisait exactement sept ans qu'elle était revenue d'Ecosse. Entrouvant les paupières, il lui sembla voir l'adolescente qu'elle était alors passer devant elle, en trombe. Bronzée, souriante, elle n'avait plus rien de cette fille brisée qui était revenue de Poudlard, deux mois auparavant. Elle avait eu le temps de se refaire une santé, de réparer les morceaux éparpillés de son coeur brisé et elle était revenue, avec un objectif, un plan. Se levant, machinalement, elle suivit ce fantôme d'un autre temps. Elle passa la main sur le manteau de la cheminée, geste censé porter bonheur selon les croyances, se précipiter vers l'escalier … s'arrêter au bas des marches. Prendre le temps de faire se calmer les battements de son coeur. Attendre, un, deux, trois, quatre, cinq, pour ne pas se montrer trop empressée. Monter les degrés un par un, s'enjoignant à la patience. S'arrêter devant cette porte. Frapper. Attendre. Ne pas avoir de réponse. Frapper de nouveau. Attendre encore. Commencer à trembler. La pousser … Elle se souvenait parfaitement de la sensation de chute qu'elle avait ressentie en voyant la chambre, entièrement vidée. D'avoir ouvert tous les placards, d'avoir regardé sous le lit … Pour partir en courant. Ce qu'elle fit. Remonter une volée de marches. Entrer dans sa chambre. Et ne pas le trouver.

Elle sentit ses yeux s'emplir de larmes mais les fit vite taire d'un revers de la manche. C'était ridicule. Cela faisait sept ans. Sept ans qu'elle était revenue, pleine d'espoir et des belles paroles d'Heath, qui s'était enfin excusé, qui lui avait dit tout le bien qu'il pensait d'elle, qu'il lui avait dit qu'il serait là quand elle serait prête … Menteur. Une fois encore, il l'avait embobinée comme il l'avait voulu avant de filer à l'anglaise. Elle se rappelait être tombée sur son lit. Elle se rappelait de la petite Emma, trois ans, qui était venue la consoler. Emma qui occupait actuellement cette chambre et qui savait, que, tous les ans, elle ne remonterait pas tout de suite après sa douche, elle attendrait après le dîner, quand Kaprice serait repartie. Un soupir lui échappa. Pourquoi ? Pourquoi revenir au point de départ, pourquoi contempler, tous les ans, cet échec de trop dans sa vie amoureuse ? Elle fit quelques pas. Se revit en train de faire son sac. Elle revit Heath à ses côtés. Ça faisait toujours aussi mal, même sept ans après. Parce qu'elle ne comprenait pas ce qui 'lavait poussé à s'enfuir, et à ne plus donner de nouvelles, alors qu'elle avait eu enfin l'impression que tout rentrait dans l'ordre. Parce que c'était ce qu'il avait dit, qu'elle n'était réellement qu'une soeur pour lui, et qu'il ne voulait pas avoir à le lui dire ? Où était-il ? Il pouvait être mort, elle ne le savait même pas. Elle secoua la tête, et murmura : « Et je serai là quand tu seras fin prête. » Conneries. Putain. Merde.

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    After all that you put me through, you think I'd despise you, but in the end I wanna thank you, 'cause you've made me that much stronger. It makes me that much stronger, makes me work a little bit harder. It makes me that much wiser so thanks for making me a fighter. Made me learn a little bit faster, made my skin a little bit thicker, makes me that much smarter. So thanks for making me a fighter


Dernière édition par Kaprice Harlington le Mer 26 Sep - 4:49, édité 1 fois
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Heath Lindermann
AUROR.



MessageSujet: Re: Like We Used To. -Ft. H.L. Lun 17 Sep - 21:00

    « Comme tu viens d'arriver, si jamais t'as besoin d'une chambre pour la nuit.. » Le destinataire de cette réflexion tourna la tête vers le destinateur et sourit légèrement dans un « c'est bon, j'ai une chambre sur le chemin de Traverse en attendant de trouver quelque chose, » puis il salua le bon samaritain et prit l'une des cheminées qui se trouvait sur sa route pour se retrouver sur le chemin en question. Rejoignant le chemin principal, son sac sur l'épaule, il observa un long moment la devanture d'un magasin de livre. Tournant un peu la tête, il jeta un regard sur l'ensemble des commerces qui se trouvaient là, et il soupira ; il lui semblait que rien n'avait changé.
    Tout était encore à la même place. Remettant correctement la hanse du sac sur son épaule droite, il fit quelques pas avant de rejoindre l'auberge pour y prendre sa clé et rejoindre sa chambre. Un regard sur le numéro, inscrit sur la porte, et il ne put retenir un léger rire nerveux : c'était dans cette même chambre qu'il avait passé sa première nuit après avoir quitté... L'orphelinat. Son rire cessa à ce souvenir et les traits de son visage se figèrent. Il chassa un souvenir, comme on chassait une mouche, et entra dans la pièce pour agiter sa baguette et envoyer son sac dans un coin, le laissant se vider tout seul pour que ses affaires se rangent correctement.
    Un petit tour dans la salle de bain et il arrangea ses cheveux, passa de l'eau sur son visage puis souffla un bon coup. Allez Heath, tu peux y arriver, marmonna une voix au creux de son oreille. Il avait affronté bien pire que ça, pourtant il ne pouvait s'empêcher de sentir les battements de son cœur s'affoler.
    Ce n'était jamais facile de revenir sur ses pas, surtout après plusieurs années d'absences et de silence radio. Plusieurs il avait tenté de reprendre contact, au travers de dizaine de lettres qu'il n'avait pas envoyé, mais il n'avait pu s'y contraindre.
    Nouveau soupir, cette fois résigné. Attrapant sa baguette, Heath quitta la chambre en la verrouillant, et rejoignit à nouveau la rue.

    Il connaissait le chemin par cœur, pour l'avoir fait des centaines de fois dans ses songes. Il parvenait encore à se souvenir des pierres en moins du chemin, des endroits précis où il avait pu s'abîmer les genoux quand il était plus petit. L'odeur des friandises d'une des boutiques lui était aussi familière que s'il avait fait ce chemin hier. Heath était chez lui, malgré tout le contraire qu'il persistait à se dire.
    Il avait encore en tête le grincement du portillon, le piaillement des oiseaux qui se nichaient sur le toit, les pommes de l'arbre dans la cour, les concours de magie et de balais. Soudain il s'arrêta. Il était arrivé. Son regard, bleu, se porta sur une des fenêtres du troisième étage d'où il ne percevait aucune activité. Depuis les quelques jours où il était rentré, avant d'oser prendre une chambre sur le Chemin de Traverse, il s'était arrêté ici en fin de journée, devant ce portique, sans oser le franchir. Aujourd'hui, Heath osa le faire.
    Sa main poussa le petit portail en fer, reconnaissant la fraicheur de la matière, et il s'avança jusqu'à la porte. Il entendait encore les cris des enfants, ceux avec qui il avait partagé les quelques années de sa vie. Il revoyait les sermons de Jake, les sourires de Sunny, le calme apparent de Joleene et il entendait les crises de Kaprice.
    Il crut qu'il allait vomir, tant l'angoisse le prenait et, dans un effort surhumain, parvint à se rappeler à l'ordre et se calmer. Sa main attrapa le cogne-porte et il retint son souffle quand une femme lui ouvrit. On appela Mrs Dursby qui, rejoignant l'entrée, se stoppa dans son élan.

    « Bonjour, » fut-il seulement capable de lancer, comme si ce simple mot pouvait effacer huit années de silence. Une petite tête apparut dans un angle, ouvrant de grands yeux en observant le jeune homme – qu'elle ne sembla pas reconnaître – et Heath ne put qu'entendre ses pas précipités dans l'escalier. Il pensa qu'elle allait se cacher, non qu'elle allait prévenir une tierce personne de l'arrivé impromptu d'un inconnu.
    Les seuls mots que prononcèrent Mrs Dursby furent pour lui proposer à boire, l'invita à se joindre à elle dans le grand salon où, autrefois, Heath et les autres s'installaient pour écouter les contes d'un vieillard. S'installant sur un fauteuil, celui qui lui semblait si immense quand il était enfant, le jeune homme sentit ses peurs s'envoler alors que la femme face à lui l'observer d'un ton mi-fâché mi-rassurée de le savoir en vie. Ce fut un sentiment de honte qui l'étreignit en voyant les yeux brillants de cette femme qui l'avait accueilli dans son orphelinat, quand il lui semblait qu'il n'aurait plus jamais de toit où vivre. Le silence qui régnait, alors qu'ils se jaugeaient, fut interrompu par les marches de l'escalier qui craquaient sous les pas...
    Relevant les yeux Heath manqua de lâcher la tasse, qu'il tenait entre ses doigts, en voyant la jeune femme qui se dessinait devant lui. Il ne l'aurait pas reconnu, pour être tout à fait franc, si la petite cachée derrière elle n'avait pas prononcé son prénom : Kaprice. Il ne parvint même pas à dire un mot et, avant même de s'en rendre compte, il était debout, la tasse à ses pieds qu'il prit soin de faire disparaître, une fois qu'il eut réalisé sa maladresse.
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Kaprice Harlington
AGENT DE LA B.I.M.



MessageSujet: Re: Like We Used To. -Ft. H.L. Mar 18 Sep - 18:55

Les souvenirs de leur dernière conversation l'assaillaient et, après avoir vainement tenté de les repousser, elle s'y laissa aller, rendant les armes. Elle avait essayé d'aller de l'avant ce jour-là, comblée par la perspective de passer du temps dans la famille de Karly, là-bas, en Ecosse, où personne ne la connaissait et ou personne ne jouerait avec son coeur. Il avait dit qu'il voulait qu'elle sorte de sa vie, et elle allait s'employer à la faire. Mais il était revenu … pour lui dire tout ce qu'elle attendait depuis si longtemps. Peut-être pas tout, mais une bonne partie. Il avait encore chamboulé son monde, ce jour-là, comme à son habitude, d'un regard, d'un mot, d'un geste. Et elle s'était emballée, une fois encore. Même si elle avait laissé à l'été le soin de la réparer, elle ne pouvait s'empêcher de penser au moment où elle retrouverait le jeune homme, espérant qu'il ait enfin fait le point sur les sentiments. Et … rien. Comme d'habitude ... Pourquoi y avait-elle tellement cru ? Et pourquoi, chaque année, venait-elle se torturer de la sorte ? Pour se rappeler cette dure leçon : les contes de fées sont bons pour les petites filles. Dans sa vie à elle, tous les princes charmants l'avaient baisée en beauté ou quittée pour une autre. Alors voilà. Elle ferma les yeux quelques instants pour se reprendre et inspira profondément. Sept ans. Elle avait tourné la page. Évidemment. Kaprice ? Elle sursauta et se retourna vers Emma. Étonnée, elle l'était, et non pas en colère. Simplement, la petite n'interrompait jamais le pèlerinage, jamais. Alors … avait-elle des ennuis ? Elle fronça les sourcils, abandonnant immédiatement leçons de vie et mélancolie pour s'approcher d'elle et s'accroupir, effleurant les boucles blondes de la petite : Qu'est-ce qu'il y a mon ange ? Tomy recommence à t'embêter ? La petite secoua négativement la tête avant de dire ces quelques mots, qui poignardèrent l'agent de la BIM aussi sûrement qu'une lame bien aiguisée : Il est en bas.

Nul besoin de sous-titre. Kaprice pâlit brutalement. Elle savait qu'Emma était sans doute trop petite pour se souvenir précisément de ses traits, qui avaient dû changer en sept ans, mais il y avait des photos, ici, et les visiteurs extérieurs étaient rares. Se relevant, elle manqua de chanceler. Elle n'arrivait pas à faire le point et finalement la dépassa, en mode automatique, et descendit les marches alors qu'Emma lui courait après : Kaprice ! Elle n'entendait pas. La tapisserie aux couleurs passées défilait sous son regard, mais elle ne la voyait pas. A chaque pas, elle se sentait sur le point de s'évanouir ou de rendre son déjeuner sur les marches. Le colimaçon semblait à la fois interminable et bien trop court, et bientôt … Kaprice ... Elle se stoppa sur la dernière marche alors que ses yeux venaient de capter un pied. Le long duquel ils remontèrent. Un jeune homme de belle stature, à première vue. Elle arrivait à son visage quand la tasse se brisa. Sursautant, elle trouva ses yeux du même coup et elle sut que la petite ne s'était pas trompée. Elle n'eut aucune réaction, dans un premier temps, trop assommée. Tout paraissait soudain silencieux alors qu'ils se regardaient. Il avait évidemment changé, passant d'adolescent à homme mais … Ce fut son coeur qui se réveilla le premier, tambourinant de façon sourde dans sa poitrine. Sa main se crispa sur la rampe alors qu'elle sentait ses yeux s'humidifier. NON ! Pas question. Elle ne pleurerait pas devant lui, et surtout, elle ne pleurerait pas pour lui. Elle l'avait trop fait. Heath, finit-elle par articuler. Sa voix lui sembla moins forte que ce qu'elle aurait voulu. Elle détourna finalement le regard vers Mrs Dursby. Elle plus que quiconque connaissait l'histoire qui liait les adolescents qu'ils étaient autrefois, rien ne restant secret longtemps à l'Orphelinat. Elle ne savait pas comment se comporter. Elle se sentait … vide. Et trahie, une fois encore. Sept ans après jour pour jour. Mieux vaut tard que jamais ?

Elle finit par prendre pied dans le salon, toujours en s'abstenant de le regarder. Elle ne savait pas si elle avait envie de l'étriper ou de lui demander pourquoi, si elle voulait qu'il la prenne dans ses bras ou qu'il se moque d'elle. Sept ans. Pourquoi ? Elle s'avança vers la propriétaire des lieux, comme branchée sur pilote automatique, et alla déposer une bise sur sa joue. Elle se tenait bien trop près de lui. Je vous dis à bientôt, Mrs Dursby. Oui, elle allait fuir. Elle n'était pas préparée à ça, et cette fois, elle ne comptait pas demander des explications. À chaque fois qu'elle l'avait fait, il l'avait déçue, blessée, ou il lui avait menti. Il serait là quand elle serait prête … Elle ne l'était plus. Il pensait qu'elle allait faire quelque chose d'important dans sa vie ? Jusqu'ici, elle l'avait foirée de A à Z. Et elle ne voulait pas lui laisser la satisfaction de s'en rendre compte. Elle se détourna, sans un regard de plus, et se dirigeait vers la sortie, quand des petits pas se firent entendre. Quelqu'un la retint par le bas de sa veste et elle baissa les yeux vers Emma qui secouait la tête, l'air peiné. Dis-lui au moins au revoir ! Ses mâchoires se crispèrent et cette fois, ses yeux s'emplirent immédiatement de larmes. Elle les releva vers lui, tentant de les ravaler. Pourquoi ? gronda-t-elle comme un chat en colère. Il ne s'est pas donné la peine de le faire.

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Heath Lindermann
AUROR.



MessageSujet: Re: Like We Used To. -Ft. H.L. Dim 23 Sep - 3:06

    « Heath, » lâcha enfin la jeune femme qui lui faisait face, mettant un terme à ce silence pesant qui commençait à le mettre mal à l'aise. C'était une voix d'un autre temps qui lui parvenait aux oreilles, une voix aux intonations moins dures, mais tout aussi tristes, tout comme ce n'était plus des traits de femmes qu'il voyait sur son visage, mais plutôt ceux de l'adolescente qu'il avait laissé alors. « Kaprice, » fit-il à son tour, comme pour se persuader qu'elle était bien là, devant lui, digne et ravissante. « Le fait est que je tiens à toi Kaprice, je ne sais pas vraiment de quelle manière, mais je tiens à toi, » souffla une autre voix au creux de son oreille. Et, comme pour rappeler un geste qu'il avait eu l'habitude de faire, il glissa sa main sur sa poitrine, au niveau de son cœur et serra légèrement le tissu de son t-shirt avant de lâcher prise. D'abandonner, comme il l'avait fait en fuyant, malgré ses promesses. « Et je serai là quand tu seras fin prête, » entendit-il à nouveau, alors qu'il se revoyait, huit ans plus tôt, dans cette chambre à l'étage dont, plus tôt, il avait cru n'y voir aucune activité. La laisser partir avait sans doute été une de ses plus grosses erreurs, puisqu'en l'attendant il n'avait trouvé rien de mieux que de s'en aller à son tour.
    Les raisons invoquées avaient été, alors, multiples ; besoin de changer d'air, de retrouver une ligne de conduite honorable, oublier un passé étouffant, fuir l'orphelinat et tout ce qu'il représentait... La vérité ? Il avait voulu s'offrir une nouvelle peau, une nouvelle mentalité, une nouvelle vie, qui aurait été assez bien pour refaire face à Kaprice. Pour prouver, tant à elle qu'à lui-même, qu'il pouvait être mieux que ce qu'il laissait paraître. Et ce qui devait duré quelques mois, c'était transformé en un an puis en huit.
    Pourtant, il ne s'était pas passé une seconde sans qu'Heath ne pense à sa famille, celle de l'orphelinat, celle qui avait toujours été là quand il en avait eu besoin. La preuve en était toutes ces lettres qu'il avait rédigé, à tous dont Kaprice, mais qu'il n'avait jamais eu le courage d'envoyer.
    Et puis, qu'aurait-il advenu s'il avait osé ? Cette rencontre aurait-elle été moins douloureuse et effrayante ?

    « Sept ans après jour pour jour. Mieux vaut tard que jamais ? » Cela lui fit l'effet d'un Endoloris, et il grimaça quelques secondes avant de reprendre contenance. Il pouvait au moins lui accorder celle-la. « J'avais dit que je reviendrais... Je n'avais simplement pas spécifié la date, » tenta-t-il de renvoyer, rangeant sa baguette, qu'il avait usé pour nettoyer sa maladresse, dans la poche de sa veste pour ensuite y glisser ses poings. Fronçant un peu les sourcils, se souvenant difficilement d'une mission en Allemagne ayant mal tourné, il ajouta un peu perturbé « disons que j'ai été retardé sur le chemin de la maison, » non sans un regard à Mrs Dursby qui inclina la tête au lieu de sourire à ce terme.
    Tentant de reprendre l'air le plus imperturbable, Heath porta son regard clair sur Kaprice qui, elle, tentait de le fuir. Il ne se cacha d'ailleurs pas de la dévisager, presque suppliant pour que ses prunelles à elle croisent les siennes, quitte à le foudroyer sur place. « Je vous dis à bientôt, Mrs Dursby, » finit-elle par lâcher, lui passant devant pour saluer et fuir. Oui, elle fuyait, Heath était assez connaisseur là-dedans pour le remarquer. Il sourit, malgré lui, et baissa un peu la tête pour se frotter l'arrête du nez de la main gauche avant d'essayer d'attraper son bras, qu'il rata de peu tandis qu'elle s'éloignait vers la porte. « Excusez moi, » se contenta-t-il de dire à Mrs Dursby, lui volant un baiser sur le front pour suivre les pas de la jeune fi.. Femme. Parce qu'elle était une jeune femme maintenant, ce qui n'était que plus dur à réaliser pour lui, oubliant encore le nombre d'années où il l'avait laissé avec ses promesses et ses aveux.

    Heath s'arrêta à quelques pas de Kaprice et d'Emma, penchant légèrement la tête sur le côté en écoutant les mots de la jolie brune à son égard. « Techniquement, la dernière fois, je t'ai souhaité de bonnes vacances ce qui, en somme, est une sorte d'au revoir, » lâcha-t-il, reprenant cette attitude désinvolte de l'adolescent qu'il avait été, dans le simple but de la pousser à réagir. Il ne pouvait concevoir d'avoir fait tout ce chemin, vaincu sa crainte, pour se retrouver à parler à son dos et se faire claquer une porte au nez. A la limite, il était même prêt à la laisser lui mettre une bonne gifle ce qui, au moins, aurait montré qu'elle n'était pas qu'un automate. « Et puis, Mrs Dursby s'évertue à apprendre les bonnes manières aux enfants, tu ne vas pas faire le contraire, » en ne me saluant pas, ajouta-t-il silencieusement. Nonchalant Heath s'appuya contre le mur, fixant toujours Kaprice, dans l'unique but de la sortir de sa torpeur, bien que conscient des risques que cela lui faisait prendre et, surtout, que ce n'était pas en jouant les adolescents stupides qu'il arriverait à retrouver sa sympathie.


hrp: sorry honey, c'pas top top x) si ça te va pas, j'peux modifier les passages qui te dérangent *-*

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Kaprice Harlington
AGENT DE LA B.I.M.



MessageSujet: Re: Like We Used To. -Ft. H.L. Dim 23 Sep - 9:46

Kaprice. L'entendre prononcer son prénom, après toutes ces années, lui arracha un frisson. Elle n'aurait su dire s'il était brûlant ou glacé, mais une chose était sûre : elle n'aimait pas tout ce que cela réveillait en elle. La première fois où il l'avait engueulée, tirée de son mutisme. Quand ils étaient entrés à Poudlard, et qu'il ne le prononçait plus que de bout des lèvres. La fois où il s'était ouvertement moqué de son couple avec Laël. Quand il lui avait dit qu'ils se verraient au Bal. L'instant précis où elle avait compris qu'il était là avec une autre, qu'il se moquait d'elle et critiquait sa tenue au passage. Celle où il l'avait incendiée du regard, quelques jours après. Quand elle était réapparue au bras de Luke, juste pour signifier qu'elle s'en moquait. La bagarre, dans le Parc, quand il lui avait dit de sortir de sa vie. Et cette manière de se rattraper, juste avant son départ … Tant de souvenirs douloureux qui se bousculaient en elle. Ça, et le pèlerinage qu'elle venait d'effectuer lui donnaient l'impression de suffoquer. Elle avait besoin d'air. Pourquoi était-il revenu ?! Elle avait appris à vivre sans lui, à transformer sa colère en douce mélancolie qui n'avait plus rien d'une entrave irrévocable. Elle avait décidé de faire une croix sur l'amour, mais elle avançait. Comment le pouvait-elle encore, alors qu'il revenait dans son paysage, des années après ? J'avais dit que je reviendrais... Je n'avais simplement pas spécifié la date. Ses dents ripèrent les unes sur les autres dans son effort pour se taire, pour ne pas lui faire le plaisir de lui montrer que sa connerie fonctionnait toujours pour l'énerver et l'atteindre. Quand elle serait prête. QUAND ELLE SERAIT PRÊTE ! Elle, pas lui, pour une fois, il avait proposé de la faire passer avant sa petite personne qui était la seule à laquelle il ait jamais été fidèle. Elle ne pouvait pas, elle n'en avait pas la force, et pas l'envie. Merde. Merde, Heath, putain. Comme si ce n'était pas suffisamment le bordel en ce moment, il fallait qu'il vienne l'achever. Elle allait partir, cette fois, elle ne lui donnerait pas la satisfaction de faire ce qu'il voulait, au moment où il le voulait. Bien sûr qu'elle avait senti son regard sur elle, l'égratignant, la tuant à chaque seconde. Mais elle ne voulait pas faire subir le même sort à ses yeux.

Elle n'écouta même pas son explication vaseuse, elle ne voulait pas. Quelle qu'elle soit, rien n'excusait qu'il n'ait pas été là ce jour-là, qu'il se soit encore lamentablement foutu de sa gueule. Elle n'était pas son jouet, pas sa poupée dont il faisait ce qu'il voulait. Elle l'avait été suffisamment longtemps, avait assez pleuré pour ça, elle ne souhaitait pas recommencer. Et peu importaient les fils qu'elle sentait la retenir à lui, directement ancrées, hameçonnées dans l'organe palpitant qui hurlait, demandait grâce. Mais elle était arrivée à s'en sortir et c'était Emma, contre toute attente, qui la retenait. Juste assez pour qu'il vienne. Techniquement, la dernière fois, je t'ai souhaité de bonnes vacances ce qui, en somme, est une sorte d'au revoir. Le con. Ses dents grincèrent à nouveau et elle détourna le regard, sentant une larme traîtresse lui brûler la joue. Il n'avait pas le droit. D'être toujours aussi désinvolte, de se foutre toujours autant de sa gueule, de lui manquer de respect une fois encore. Emma commença par se blottir contre elle pour la consoler mais elle supplia, d'une voix étranglée : Remonte ma puce. Je te vois plus tard. La suite n'allait pas être belle à voir, aussi attendit-elle qu'elle soit partie pour se retourner à nouveau vers lui. Elle avait ravalé ses larmes, la fugitive restant la seule à tracer sa route sur sa joue et était prête à en découdre. À affronter ce connard de fantôme du passé, à lui casser les dents et à retourner à sa vie. Et puis, Mrs Dursby s'évertue à apprendre les bonnes manières aux enfants, tu ne vas pas faire le contraire. La gifle partit toute seule, née d'une impulsion le jetant en avant, non sur ses lèvres, ça ne va pas, mais sur sa joue qu'elle espérait meurtrir. Ceci est une preuve de bonnes manières. Tu serais déjà étalé sur le tapis sans la moindre goutte de sang si je n'observais pas les règles de bonne conduite qu'on nous a enseignées. Sa poitrine se soulevait avec difficultés et ses mains tremblaient. Elle avait considérablement réduit l'espace entre eux et se retenait. Se mordait la langue. Il fallait qu'elle fasse demi-tour, qu'elle l'ignore mais … elle n'en avait jamais été capable. Tu n'es qu'un immonde connard, Heath Lindermann, et j'ai été assez conne pour croire le contraire. Tu ne m'as pas dit « au revoir », tu m'as dit que quand je serais prête, tu serais là. Et quand je l'ai été, tu avais disparu. Les larmes n'étaient plus d'actualité. Elle était pâle, blanche de colère et ne comptait pas s'arrêter là. C'était quoi, encore des mots en l'air, une comédie ? Pour que je t'attende en vain comme à ce putain de Bal ? Ça t'amuse à ce point, de jouer avec moi ? J'sais pas comment j'ai pu faire pour croire que ça avait changé. Que tu étais différent. Putain, ça faisait tellement mal. De s'en rendre compte. Alors bravo, Heath. Si c'était le dernier acte de « comment t'expliquer définitivement que je n'en ai rien à foutre de ta gueule », c'est réussi. Elle pinça ses lèvres et s'écarta d'un pas, et fit un geste de ses deux mains, l'invitant à approcher, comme en boxe. Allez, vas-y. Prononce ton dernier discours de connard, envoie-moi au tapis, j'irai chialer dans un coin et après je me relèverai, parce que je saurai une fois pour toutes qu'il n'y a rien à attendre de toi. Regard dur, plongé dans le sien, elle attendait. L'ultime attaque. Celle qui le libérerait de lui une fois pour toutes.

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Heath Lindermann
AUROR.



MessageSujet: Re: Like We Used To. -Ft. H.L. Lun 24 Sep - 5:49

    La gifle siffla mais il n'eut pas le temps de la voir venir, seulement de l'entendre et la sentir heurter sa joue avec force. Sa tête suivit le coup et se pencha quelque peu sur le côté, alors qu'Heath portait ses doigts à sa mâchoire pour la faire craquer en reportant ses yeux clairs sur la jeune femme. Il s'en serait mordu les joues jusqu'au sang de la voir aussi furibonde, surtout parce qu'elle n'avait jamais été aussi séduisante que lorsqu'elle laissait libre court à sa colère. Kaprice était ce genre de femme, ce genre particulier, qu'il aimait voir autant en colère que joyeuse. Parce qu'elle n'était jamais aussi belle que lorsqu'elle se laissait aller aux émotions qui l'étreignaient dans ces moments où elle perdait contrôle de la situation.
    Ses doigts, pâles, toujours sur son menton, Heath ouvrit légèrement la bouche en frottant doucement son malaire de son pouce, rougit par le contact brutal avec la main de Kaprice. Baissant quelque peu le visage, passant sa main sur sa bouche, l'anglais finit par reporter son regard électrique sur elle, légèrement souriant. Non, il n'était pas adepte du sadisme, ni du masochisme, simplement, cet acte lui laissait entrevoir l'espoir d'une communication entre eux plutôt qu'un silence de mort. Même s'il était prêt à parier que la brunette préférait le voir inerte que sous ses yeux, mais ça .. Il allait pas pousser le bouchon, à lui faire plaisir, jusque là. « Musculation ? Dopage? » Se contenta-t-il de lancer, tout en jetant un œil indiscret sur les bras de Kaprice, comme pour juger lui-même avant de répondre « adrénaline.. Définitivement adrénaline, » et de sourire, bien que prêt à parer une éventuelle seconde attaque de baffe ou autre, l'obligeant à jeter un coup d'oeil rapide aux jambes de la jeune femme, histoire de vérifier que son genou n'allait pas rencontrer une partie de son anatomie qu'il préférait garder entière.

    « Tu n'es qu'un immonde connard, Heath Lindermann, et j'ai été assez conne pour croire le contraire. » Lui cracha-t-elle, obligeant Heath à hocher la tête, admettant qu'il avait – et ce par de nombreuses fois – manqué à ses promesses. « Tu ne m'as pas dit « au revoir », tu m'as dit que quand je serais prête, tu serais là. Et quand je l'ai été, tu avais disparu. » La tête jusque-là baissée, le regard porté sur ses mains qu'il enfournait dans ses poches, se redressa brusquement pour la regarder. Il eut voulut dire quelque chose, une chose qui aurait sûrement effacer l'ardoise des nombreux torts qu'on lui reprochait, mais aucun mot ne s'échappa de ses lèvres closes. De toute façon, Heath ne put en placer une qu'elle reprenait sa plainte. « C'était quoi, encore des mots en l'air, une comédie ? Pour que je t'attende en vain comme à ce putain de Bal ? » Le bal, de nouveau. Il était certain de ne pas y réchapper, bien qu'il admettait avoir particulièrement mal joué et puis, avec le recul, il se demandait encore comment il avait pu s'y rendre avec Chase. Sans rire. Enfin si, riez. Erreur de jeunesse. Point. De toute façon, il ne tenait pas à revenir là-dessus, c'était retourner le couteau dans la plaie et il avait déjà assez fait saigner Kaprice. « Alors bravo, Heath. Si c'était le dernier acte de « comment t'expliquer définitivement que je n'en ai rien à foutre de ta gueule », c'est réussi. » Il ne l'avait pas quitté des yeux depuis le début de son monologue, pas une seule fois. Il n'avait pas cillé, ou très peu, de peur de rater une miette de ce qu'il voyait. Retirant sa main gauche de sa poche, il la porta à sa nuque qu'il massa quelques secondes, sans dévier son regard du visage de Kaprice. « Je suis revenu, Kaprice. » Lâcha-t-il simplement. Tout bêtement, comme si ce n'était pas évident qu'il était rentré - la narratrice nie toute responsabilité devant tant de bêtise. « Je n'ai jamais eu le sentiment de te valoir après tout ce que je t'avais dit, alors je suis reparti pour changer. Je n'ai pas vu le … temps passer, » ajouta-t-il non sans un clignement d'yeux en fronçant un peu les sourcils, se rappelant très vaguement les dernières années avant de rentrer. « Et.. » Il ne put finir qu'elle le relançait d'un « allez, vas-y. Prononce ton dernier discours de connard, envoie-moi au tapis, j'irai chialer dans un coin et après je me relèverai, parce que je saurai une fois pour toutes qu'il n'y a rien à attendre de toi, » l'obligeant à la dévisager d'un air un peu hébété.

    « J'allais simplement dire que ça me faisait plaisir de te voir, ici, même si c'est un peu hors-propos. » Il se frotta l'arcade sourcilière droite avant de la fixer à nouveau pour plisser les yeux, « t'essaie quand même pas de faire comprendre que tu veux te battre là ? » Non sans agiter l'index, de haut en bas, en la désignant et souriant comme si on lui sortait la meilleure blague du siècle. « Je regrette déjà de t'avoir blessé dans ton égo et à l'intérieur.. Je veux pas que tu te fasse mal physiquement, » moqua-t-il en se penchant légèrement vers elle. « Allez, faisons plaisir à Mrs Dursby et aux enfants en les retrouvant juste pour ce soir. Après, je te laisserais tranquille. On a pas eu que des mauvais souvenirs, Kap'. » Ou comment attiser la bête. Finalement il l'était peut être, sado-maso.


hrp: tiens v'là, vile manipulatrice que tu es! Si c'est nul, c'ta faute, c'tout, fallait pas m'avoir avec des gifs u.u

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Kaprice Harlington
AGENT DE LA B.I.M.



MessageSujet: Re: Like We Used To. -Ft. H.L. Mar 25 Sep - 9:28

Elle ne releva pas les conneries qu'il avait pu dire suite à sa gifle. Il savait très bien que lorsqu'il la mettait hors d'elle, elle devenait incontrôlable et qu'elle faisait mal. Ce n'était pas la première baffe qu'elle lui mettait, même si ce constat l'attristait autant qu'il la mettait en colère. Leurs rapports n'avaient jamais été simples, même quand ils étaient gosses, même quand il l'avait sortie de force de ce mutisme dans lequel elle s'était enfermée pendant des années. Les débuts avaient été conflictuels, la suite bien plus encore. Roméo et Juliette étaient des petits joueurs et eux, au moins, avaient eu droit à un premier baiser. Eux, jamais. Alors il fallait qu'elle arrête de se figurer qu'il y avait eu un jour quelque chose entre eux, même si tout lui avait laissé porter à le croire, comme sa jalousie à chaque fois qu'elle était avec un autre garçon. Heath Lindermann n'avait jamais été à elle et ne le serait jamais. Même si, des années après, quand son regard croisait le sien, elle sentait encore son coeur s'emballer. Elle aurait voulu le tuer de ses propres mains, lui, sa faiblesse vivante qui avait décidé de refaire surface, brusquement. Je suis revenu, Kaprice. Un léger rire lui échappa, qui ressemblait drôlement à un sanglot. C'était ça, son excuse ? Je n'étais pas là, mais maintenant je suis là, oublie que tu as espéré pour rien, comme d'habitude avec moi ? Je n'ai jamais eu le sentiment de te valoir après tout ce que je t'avais dit, alors je suis reparti pour changer. Je n'ai pas vu le … temps passer. Son palpitant cogna douloureusement contre sa cage thoracique. Quoi ? Il voulait lui faire croire qu'il était parti pour mieux lui revenir ? Ça n'avait pas de sens. Pourquoi, pourquoi ce foutu espoir qu'il venait de rallumer, encore une fois, lui susurrait à l'oreille que ça n'avait rien d'idiot ? Elle tenta de le faire taire. C'était elle, qui était idiote, à tressaillir à la moindre parole de sa part. Il l'avait laissé en plan pendant des années et il pensait juste qu'elle allait se contenter de « je n'ai pas vu le temps passer » ? T'es en train de me faire croire que tu ne m'as pas posé un énième lapin, que tu es juste … en retard ? Elle se mordit violemment la lèvre. Non. Non, cela reviendrait à sous-entendre qu'elle l'avait attendu toutes ces années, et il n'en était pas question. Elle avait avancé, elle avait évolué, sans lui. Parce qu'il en avait décidé ainsi. Elle espéra de tout coeur qu'il ne relève surtout pas.

Qu'il continue à jouer son rôle de crétin intégral, qu'il lui éclate le coeur une fois encore. Cette fois, elle recollerait les morceaux, mais il n'aurait plus droit à la moindre parcelle de celui-ci. Douce utopie, car elle savait bien qu'elle aimerait Lindermann toute sa vie, mais il n'y occuperait plus jamais une place prédominante. Il serait un souvenir, une blessure qui cicatriserait avec le temps. C'était beau de rêver. J'allais simplement dire que ça me faisait plaisir de te voir, ici, même si c'est un peu hors-propos. Connard. Elle détourna le regard pour ne pas noter qu'il avait toujours les mêmes tics qu'elle n'avait pu oublier, la main sur la nuque, l'arcade, le nez, et ce geste qu'il avait ébauché, tout à l'heure, même si elle avait fait mine de ne pas le remarquer. Leur geste. Celui qui voulait dire « tu me brises le coeur ». Sans mots. T'essaie quand même pas de faire comprendre que tu veux te battre là ? Surprise, cette fois, elle le regarda de nouveau et haussa les épaules d'un air indifférent et déterminé à la fois. Après tout pourquoi pas ? La douleur physique serait sans doute moins dure à supporter que tout ce qu'il pouvait lui faire endurer par son comportement. Je regrette déjà de t'avoir blessé dans ton égo et à l'intérieur.. Je veux pas que tu te fasse mal physiquement. Elle s'étouffa alors qu'il se penchait vers elle et murmura : Mon ego. Putain, Heath ... Comment pouvait-il ? Comment osait-il ? Il savait bien qu'elle part d'elle il meurtrissait à chaque fois, et le seul qui se préoccupait de son propre ego, c'était bien lui. Cet ego qui l'avait soit-disant empêché, avec sa connerie congénitale de faire les bonnes choses au bon moment. Conneries. Si un jour il l'avait réellement aimée ... Un nouveau rire sans joie s'échappa des lèvres de la jeune femme et elle recula, ramenant ses longues mèches brunes en arrière, se passant la main droite dans les cheveux. Allez, faisons plaisir à Mrs Dursby et aux enfants en les retrouvant juste pour ce soir. Après, je te laisserais tranquille. On a pas eu que des mauvais souvenirs, Kap'. Ah ouais ? Sa main s'était arrêtée à mi-chemin, elle avait des cheveux partout et resta figée comme ça, le regardant. Elle avait mal, putain, ce qu'il lui faisait mal … Tu sais quoi … ? Elle lâcha le tout, se foutant d'être échevelée. Elle s'approcha de lui et posa son index sur son torse, affrontant son regard. Cite-moi en un. Un seul, que tu n'aies pas gâché. Un moment de complicité parfaite, un souvenir qui se démarque des autres. Où on a été heureux, où y avait pas de non-dits, pas d'hypocrisie, où t'as pas sorti une remarque à la con, où j'ai pas fini en larmes dans un coin. Un moment où tu as été honnête avec moi. Ou t'as pas joué avec moi. Un instant de sincérité, quelque part, dans tout ce qu'on a vécu ensemble. Elle avait la gorge nouée, mais elle ne reculerait pas : Un seul. Et je passe la soirée avec toi et avec eux. Et si tu ne trouves pas ... Elle inspira profondément : Dis-moi pourquoi, si c'est vraiment pour moi que tu es parti et revenu, pourquoi tu ne m'as jamais écrit. Pourquoi tu m'as laissée crever dans un coin, persuadée que tu étais le connard qui n'a fait que jouer avec mon coeur. Et je partirai. Il lui devait bien ça.

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    After all that you put me through, you think I'd despise you, but in the end I wanna thank you, 'cause you've made me that much stronger. It makes me that much stronger, makes me work a little bit harder. It makes me that much wiser so thanks for making me a fighter. Made me learn a little bit faster, made my skin a little bit thicker, makes me that much smarter. So thanks for making me a fighter
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Heath Lindermann
AUROR.



MessageSujet: Re: Like We Used To. -Ft. H.L. Lun 15 Oct - 21:01

    « T'es en train de me faire croire que tu ne m'as pas posé un énième lapin, que tu es juste … en retard ? » On lui aurait donné le bon dieu sans confession, tant il semblait sincère en hochant ainsi de la tête, agitant quelques mèches de ses cheveux, son regard clair plus lisible que jamais. En revanche, comme il ne pouvait clairement pas expliquer ce qu'il s'était passé durant cette année qui l'avait retardé, il se contenta finalement de hausser les épaules dans une moue un peu de travers. Jusqu'à ce que le double sens de la réflexion lui parvienne enfin ; un énième lapin. Il n'y avait lapin que s'il y avait attente pour un rendez-vous. Donc, s'il n'était pas trop rouillé en résolution d'énigme – LOL – cela voulait sous-entendre qu'elle l'avait … Attendu. Il s'en fallut de peu pour qu'un sourire un brin stupide ne se dessine sur les lèvres de Heath, rattrapant la chose en un léger toussotement l'obligeant à placer sa main devant sa bouche. C'était réconfortant, en partie, de savoir que pendant ces années au loin quelqu'un l'avait attendu, bien que cette personne le regardait désormais avec colère – voire haine – et semblait impatiente de le renvoyer de là où il venait. Bien qu'il n'était pas très sûr d'avoir envie de retourner de là où il rentrait.
    Ou alors, elle avait juste lancé cette réflexion comme ça, dans le vent. Histoire d'en ajouter aux nombres incalculables de coup mauvais qu'il lui avait fait. Oui, c'était sûrement ça. Il ne voyait pas Kaprice l'attendre impatiemment.

    Regard sur elle, partagé entre rire devant sa posture ou pleurer et s'en aller, avouant qu'elle méritait bien un peu de repos. Malheureusement, Heath se mordait déjà la langue après avoir parlé, devant l'air outré de Kaprice : «
     Mon ego. Putain, Heath ... » Il voulut s'excuser, expliquer que ce n'était pas réellement le mot qu'il avait cherché à employer, mais il se tut.
    Comment pouvait-on être aussi nul ? Très bonne question, dont l'anglais cherchait encore la réponse. Il fallait ramener la paix entre eux, après tout ils n'avaient pas toujours été ennemis à ce point, si ? Il avait gâché l'enfance de Kap à ce point ? Il était donc déjà entrain de réfléchir quand la voix de la jolie brune le tira de ses pensées ; « Cite-moi en un. Un seul, que tu n'aies pas gâché. Un moment de complicité parfaite, un souvenir qui se démarque des autres. Où on a été heureux, où y avait pas de non-dits, pas d'hypocrisie, où t'as pas sorti une remarque à la con, où j'ai pas fini en larmes dans un coin. Un moment où tu as été honnête avec moi. Ou t'as pas joué avec moi. Un instant de sincérité, quelque part, dans tout ce qu'on a vécu ensemble. » Dans un geste un brin défensif, Heath leva légèrement les mains et tenta vainement un « Kap, » qui se perdit dans le vide. Mais, le reste de la sentence eut fini de le convaincre. Se frottant le visage avec les mains, il écarta ses doigts pour la dévisager espérant qu'elle changerait d'avis et, comme elle ne semblait pas vouloir en démordre, il inspira un grand coup.

    « Quand je t'ai dis que tu comptais pour moi, le jour de ton départ en Ecosse. J'ai pas menti. Mais si je ne dois en citer qu'un, c'est celui où j'ai cru que j'allais te perdre, où je t'ai trouvé inconsciente dans les couloirs après l'attaque. J'ai eu la peur de ma vie. En te portant, t'avais l'air si fragile et en même temps, même inconsciente, t'avais l'air de pas vouloir te laisser faire. J'ai passé les deux nuits les plus longues, et les plus effrayantes de ma vie à espérer que tu te réveillerais intacte, à te lire tous les livres de contes que j'avais volé à l'orphelinat. Oui c'est moi qui les avait volé. » Heath leva les yeux au ciel, gêné d'en arriver à cette confession. « Je t'ai demandé de pas me laisser. Et sur le coup, c'est pas toi, effectivement, qui a pleuré. » Il soupira, se frotta la nuque avant d'ajouter, « en revanche, je t'ai écris. Mais c'est pas le moment pour te les faire lire. C'est encore trop tôt, j'attends que tu m'acceptes à nouveau dans tes relations, à défaut de récupérer ta confiance. Ce qui te prendra du temps, et je te demande pas de te presser. » Mâchouillant l'intérieur gauche de sa joue, il fit un signe de tête vers le salon « allez, s'il te plaît, si c'est pas pour moi, fais le au moins pour elles, » et il n'eut pas besoin de désigner mrs Dursby ou encore Emma.

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