Partagez|

Figures Imposées - Ft. Temperance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Aisling Flynn
BRISEUSE DE MALEDICTIONS.



MessageSujet: Figures Imposées - Ft. Temperance Dim 4 Nov - 8:25

Miss Flynn ? Miss Flynn ! Les voix semblaient bien trop lointaines pour qu'Aisling s'en préoccupe. Enveloppée dans une couverture chaude, transportée en urgence dans les couloirs de Sainte-Mangouste, elle sentait qu'elle n'était pas réellement là, et tant mieux. Quand Johnson Truman avait pris place dans son cabinet en cette fin d'après-midi, elle s'était sue perdue. Harriett Osbourne était passée avant lui et l'âme de cette femme était si noire qu'elle avait du sortir pour rendre son déjeuner. Elle avait avalé une potion de manière rapide avant de retourner dans l'arène. Les clients s'étaient succédé, comme les fioles qu'elle avait ingurgité, au bord du malaise. Toutes ces figures monstrueuses sans trêve, sans espoir d'en voir une seule qui lui sourie de façon sincère l'avait sans doute achevée et elle s'était écroulée sur le tapis persan (ancien tapis d'Aladdin) qui ornait le sol de son bureau, aux pieds de Mr Truman qui n'avait eu d'autre choix que de faire appel aux autorités compétentes. Le médicomage qui la reçut savait exactement de quoi il en retournait, c'était la seconde fois en moins de deux mois qu'on lui amenait la jeune briseuse de malédictions dans un état proche du coma. Vérifiant les paramètres vitaux, il essayait de la stimuler de la voix pour qu'elle revienne à elle, mais celle-ci semblait obstinément l'ignorer, enveloppée du voile protecteur de l'inconscience qui l'empêchait d'avoir à affronter qui que ce soit. Et peut-être y aurait-il mieux valu qu'on la laisse ainsi. Quand il exécuta un sortilège pour la faire revenir à elle, la jeune femme battit fébrilement des paupières. Elle tourna ses yeux sombres vers lui, reconnaissant le soigneur et lui adressant un bref signe de tête, avant de remarquer les deux infirmiers derrière … et elle hurla. De façon incontrôlable, qui ne ressemblait absolument pas à cette jeune femme si posée et mature pour son âge. Comme possédée, elle donna de la voix, de façon encore plus intense quand ils s'approchèrent pour la maîtriser. Le médicomage n'eut d'autre choix que de la replonger dans son sommeil salvateur. Observant les traits marqués de miss Flynn, il prit une décision : il signa le soir-même les papiers pour l'interner pour une durée indéterminée. La déplaçant dans une chambre individuelle, il essaya de se persuader que tout cela était pour le mieux. Et il se trouva qu'il avait pris la bonne décision.

Quand elle émergea face aux murs blancs de sa « cellule », Aisling put respirer tranquillement. Fermant les yeux, elle s'allongea, essayant de retracer le cours de sa journée. Il y avait eu la lettre d'Alderic, le matin, puis cette harpie d'Osbourne en début d'après-midi … et ce défilé de visages grimaçants qu'elle n'avait pu supporter car elle savait très bien qu'en fin de journée, elle ne pourrait aller prendre le thé avec une des seules personnes qui ne lui donnait pas envie de vomir ou de partir en courant. Ça, et les effets de la potion qui devenaient de plus en plus néfastes n'aidait effectivement pas à la rendre opérationnelle, même un minimum. Elle sentait la lassitude prendre peu à peu le pas sur le reste, sur cette soif d'avoir toujours un nouveau défi, quelque chose à combattre, à creuser. L'idée de prendre un congé à durée indéterminée était de plus en plus tentante. S'exiler dans un lieu reculé, seule, tous miroirs couverts ressemblait peut-être à une fuite, mais elle n'était pas certaine de pouvoir affronter le reste sereinement dorénavant, Iranoe n'étant pas là pour arranger la potion, contrairement à ce qu'elle avait promis. La seule chose qui la retenait dorénavant était My, mais si sa tutrice s'effondrait à chaque fin de journée trop difficile, mieux valait qu'elle reste à l'Orphelinat. L'établissement avait bonne réputation, après tout, sans doute une meilleure qu'elle en tous les cas. Epuisée, elle se laissa glisser de nouveau dans les bras de Morphée.

Et il en fut ainsi pour une dizaine de jours, pendant lesquels la demoiselle Flynn ne fit pas grand chose d'autre. La seule personne habilitée à venir la voir était son médicomage, pour éviter que le genre d'incidents qui s'était produit à son arrivée n'ait lieu de nouveau. Perturbé, celui-ci ne savait pas quoi faire de sa patiente, qui oscillait entre le désir de rester et celui de partir. Ce fut pour cette raison qu'il décida de faire appel à une des psychologues de l'établissement. Elle saurait sans doute quoi faire de la demoiselle. Dire que cette perspective n'enchantait guère Aisling était un doux euphémisme. Aussi quand elle se présenta devant le bureau de cette personne, après avoir frappé et avoir été invitée à entrer alla-t-elle directement s'asseoir, ne regardant la personne qu'au dernier moment. Ô bonheur, celle-ci n'avait rien de laid, bien au contraire. Peu désireuse de la détailler, elle joignit simplement ses mains sur ses jambes croisées et dit : Avant de vous faire perdre votre précieux temps et le mien : mon cas n'a rien d'un mystère. Je sais exactement ce qui se passe et ni vous, ni vos collègues ne pouvez quoi que ce soit pour moi. Direct et franc, à l'image de sa locutrice, le discours pouvait paraître tranchant mais ne l'était pas. Aisling avait parlé avec son flegme habituel, qui semblait pourtant tellement déplacé dans la bouche d'une jeune femme de tout juste vingt-quatre ans.

_________________


There is a light ...
Revenir en haut Aller en bas
Temperance Hatcher



MessageSujet: Re: Figures Imposées - Ft. Temperance Dim 4 Nov - 20:06

Depuis quelques temps, Temperance avait pris des permanences à Sainte Mangouste. Il lui arrivait de temps en temps de le faire, soit sur sollicitation soit de son propre chef. Quoiqu'il en soit les services de l'hôpital étaient toujours ravis de l'accueillir. Le métier de psychologue était relativement peu populaire chez les sorciers. Tant mieux pour elle quelque part.

Cette fois-ci on lui confiait un cas particulièrement étrange. Cétait toujours ce que disaient les médicomages quand ils étaient dépassés mais il s'avérait bien souvent qu'ils étaient tout simplement passé à côté de l'être humain en se focalisant sur le cas d'étude. Elle ne jugeait pas cela dit. C'était parfaitement compréhensible.

La porte de son bureau s'ouvrit et une jeune femme entra sans lui adresser un seul regard avant de se retrouver assise devant elle sans d'autre option finalement que de lever les yeux. D'ordinaire, les nouveaux patients scrutaient la porte en espérant pouvoir voir à travers ce que cette première séance aller leur réserver, quel genre d'affreux jojo se cachait derrière la plaque qui annonçait Dr T. Hatcher. Docteur en psychologie et analyse des mirco-expressions et langage non-verbal. Ce qui les faisait le plus tiquer c'était que rien là dedans ne sonnait "magique" et ça c'était terrifiant pour un sorcier.

Avant de vous faire perdre votre précieux temps et le mien : mon cas n'a rien d'un mystère. Je sais exactement ce qui se passe et ni vous, ni vos collègues ne pouvez quoi que ce soit pour moi.

Temperance posa sa plume à côté de son carnet et esquissa un sourire posé. Elle n'avait pas besoin d'un dessin pour voir les signes d'une extrême fatigue, la méfiance exacerbée... un fauve acculé par un chasseur n'aurait guère était plus éloquent.

Et si vous me disiez ce qui se passe pour commencer Aisling?, la voix de la psy était posée, non pas indifférente bien loin de là mais simplement dénuée de toute forme de commentaires implicites, Je ne suis absolument pas là pour perdre mon temps, ni pour vous juger. Je ne prétends pas non plus avoir les réponses. Vous êtes seule à les avoir. Mon rôle à moi est simplement de vous aider à les trouver et à les mettre en oeuvre.

Elle croisa les mains devant elle, écartant plume et carnet d'un geste souple comme pour la mettre en confiance. Il faisait une chaleur agréable dans le cabinet de la psy et pourtant elle était habillée comme si elle s'apprêtait à sortir au grand froid. Gants de velours retourné. Manches longues et col montant ne laissant pas voir un centimètre de peau. Bas noirs de opaques. Pour élégante qu'était le docteur Hatcher, elle semblait porter sur elle toute la morale d'une époque victorienne révolue depuis longtemps. A coup sûr encore une petite bourgeoise issue d'une famille de sang pur bien comme il faut.

_________________

Revenir en haut Aller en bas
Aisling Flynn
BRISEUSE DE MALEDICTIONS.



MessageSujet: Re: Figures Imposées - Ft. Temperance Ven 9 Nov - 21:21

Et si vous me disiez ce qui se passe pour commencer Aisling? C'est « Miss Flynn », je vous remercie. Croyait-elle que parce qu'elle était jeune elle pouvait se permettre ce genre de familiarités avec elle ? Il était temps d'arrêter toute méprise : on ne lui avait en aucun cas amené une jeune aristocrate dont les problèmes les plus importants étaient qu'elles étaient amoureuses d'hommes en-dessous de leur condition et fiancées à d'horribles monstres. Les siens étaient malheureusement tout ce qu'il y avait de plus réel et envahissants et elle n'avait rien d'une adolescente perturbée, que l'on s'entende. Nullement impressionnée par sa tenue ou son maintien qui étaient, certes, irréprochables, elle n'avait cependant pas élevé la voix, impassible comme à son habitude. Il en fallait beaucoup pour provoquer la moindre émotion chez elle et cette psychologue n'avait certainement pas ce pouvoir. Je ne suis absolument pas là pour perdre mon temps, ni pour vous juger. Je ne prétends pas non plus avoir les réponses. Vous êtes seule à les avoir. Mon rôle à moi est simplement de vous aider à les trouver et à les mettre en oeuvre. Comme je l'ai dit, vous ne pouvez en aucun cas m'aider. Son cas n'avait rien de médical ou de psychologique, il était de l'ordre de la malédiction et il se trouvait qu'elle était la plus compétente en la matière à l'heure actuelle, ce qui était à la fois pour lui plaire, étant donné que cela voulait dire qu'elle était effectivement au sommet de son art et pour lui déplaire si l'on considérait qu'elle ne parvenait aucunement à venir à bout du mal qui la rongeait.

Posément, mains croisées sur ses genoux, elle la considéra un instant avant de dire simplement : Comme tout membre de ma famille, je suis victime d'une malédiction. La mienne est de voir les gens tels qu'ils sont réellement. Ce ne sont pas leurs visages que je vois, mais la matérialisation physique de leur âme. Un résumé complet, clair et bref. Croisant les jambes dans l'autre sens, elle la regarda avec beaucoup de patience : Je suis ici uniquement parce que mon médicomage a insisté dans ce sens. Je n'ai nul besoin d'aide. Vous conviendrez que certains aspects du monde actuel laissent présager que de nombreuses personnes m'apparaissent monstrueuses. Parfois ces visions sont insupportables. Elle déroulait le fil de sa pensée seulement parce qu'elle n'avait pas d'autre choix, n'ayant guère l'habitude de se livrer à qui que ce soit. Alors si vous pouviez simplement signer, je retournerai à mes recherches sur la meilleure façon de me débarrasser de ce fardeau. L'idée de rester entre les murs de Sainte-Mangouste était bien évidemment plus que tentant mais elle ne pouvait rester indéfiniment, elle en était consciente. Et My attendait, à l'extérieur, et il n'était aucunement question de la laisser à son monstre de géniteur.

_________________


There is a light ...
Revenir en haut Aller en bas
Temperance Hatcher



MessageSujet: Re: Figures Imposées - Ft. Temperance Sam 10 Nov - 19:44

«C'est « Miss Flynn », je vous remercie.»

Temperance ne sembla pas surprise de cette remarque. A dire vrai, beaucoup de ses patients avaient commencé comme cela. A leur décharge la psychologie avait encore plus mauvaise réputation chez les sorciers que chez les moldus chez qui elle était devenue au fil du temps chose courante. Comme aurait dit Sven, psychologue pour un sorcier "ça n'est même pas un vrai métier". Ce à quoi Temperance souriait, ne manquant pas de lui servir en retour une petite pique sur l'opinion qu'on aurait pu se faire d'un homme un brin macho (un brin...) qui passait ses journées au chaudron. Mais ça restait toujours bon enfant.

Le psychologue donc, c'était typiquement la personne chez qui, en tant que sorcier, vous ne voudriez pas aller. Après tout qu'est-ce que c'est exactement un psychologue? Une espèce de voyant bizarre qui n'a aucun sens du spectacle? Un legilimens? Un charlatan? Difficile à dire.

« Ça n'a rien de personnel Miss Flynn mais c'est une règle que j'applique systématiquement dans ce bureau et que j'aimerais instaurer également avec vous. Ca n'est en rien une obligation mais si vous en êtes d'accord j'apprécierai que nous nous appelions pas nos prénoms respectifs.»

Son propre prénom étant écrit sur le petit chevalet de laiton qui lui servait de presse-papier, elle ne lui ferait pas l'affront de le lui redonner. Toutefois, elle comprenait aisément que ses patients expriment quelque réticence face à cette règle. C'était une réaction tout à fait habituelle mais la chose avait un réel intérêt, sans quoi le docteur Hatcher ne s'en serait pas fait une règle elle qui était issue de la haute aristocratie et qu'on avait élevée selon l'ancienne école.

« Comme je l'ai dit, vous ne pouvez en aucun cas m'aider. Comme tout membre de ma famille, je suis victime d'une malédiction. La mienne est de voir les gens tels qu'ils sont réellement. Ce ne sont pas leurs visages que je vois, mais la matérialisation physique de leur âme.»

Temperance hochait la tête patiemment sans juger bon d'interrompre Mrs Flynn. Sa plume à papote prenait discrètement quelques notes mais la psychologue ne semblait pas y prêter attention.

« Je suis ici uniquement parce que mon médicomage a insisté dans ce sens. Je n'ai nul besoin d'aide. Vous conviendrez que certains aspects du monde actuel laissent présager que de nombreuses personnes m'apparaissent monstrueuses. Parfois ces visions sont insupportables. Alors si vous pouviez simplement signer, je retournerai à mes recherches sur la meilleure façon de me débarrasser de ce fardeau.»
« Je ne pense pas que vous soyez là parce que vous n'aviez pas d'autre choix Aisling. Si tel était le cas vous auriez tout simplement signé une décharge à Ste Mangouste et n'auriez jamais franchi le pas de ma porte. Mais vous avez fait le choix de venir vous assoir là en face de moi et de me parler. Et je pense que vous aviez une excellente raison de le faire mais si je me trompe, sachez que vous êtes aussi libre de quitter ce cabinet que d'y entrer.»

L'ensemble des gestes de la demoiselle trahissait un désir de se verrouiller. Jambes croisées en signe de fermeture. Le regard vissé au votre sans un battement de cil comme pour ne pas perdre une miette de ce que vous recevez de son message. Bien sûr tout cela se fait inconsciemment mais c'est le métier du docteur Hatcher de décrypter la foule de ces messages silencieux.

« Parlez moi de votre fardeau, de la façon dont vous le portez.», demanda-t-elle après un silence qui aurait largement permis à Mrs Flynn de vider les lieux si elle l'avait désiré.



_________________

Revenir en haut Aller en bas
Aisling Flynn
BRISEUSE DE MALEDICTIONS.



MessageSujet: Re: Figures Imposées - Ft. Temperance Dim 11 Nov - 9:07

Ça n'a rien de personnel Miss Flynn mais c'est une règle que j'applique systématiquement dans ce bureau et que j'aimerais instaurer également avec vous. Ca n'est en rien une obligation mais si vous en êtes d'accord j'apprécierai que nous nous appelions pas nos prénoms respectifs. La demoiselle ne broncha pas, continuant à sonder la psychologue du regard. Il n'était pas question qu'elle la laisse entrer, cette séance n'avait rien de libre à ses yeux et elle savait que son médicomage ne la laisserait pas repartir le temps qu'elle ne lui aurait pas donné satisfaction que que cette jeune femme ne lui aurait pas dit qu'il ne risquait pas de la revoir une fois de plus amenée, inconsciente, avant de se mettre à hurler en voyant une autre personne que lui. Le tableau n'avait rien de réjouissant et même elle souhaitait que l'on cesse d'en arriver là, mais elle n'avait aucunement envie de laisser quiconque entrer dans sa vie et dans son esprit, et surtout pas une inconnue qui aurait soit-disant le pouvoir de lire en elle. Pourtant il lui faudrait coopérer si elle voulait sortir et retrouver My, au moins le temps de s'occuper de lui trouver un foyer convenable. Peut-être irait-elle la confier à Alderic. En réalité, elle était la seule tâche qui faisait qu'elle avait envie de sortir. Rien ni personne ne l'attendait, dehors. Ce constat ne l'émut pas plus que cela et elle dit simplement : Votre territoire. Vos règles. Cela n'avait rien d'une reddition résignée, une simple observation et un accord tacite, rien de plus.

Même si elle avait caressé l'espoir que son explication suffise, Aisling était loin d'être stupide : elle ne serait pas tirée d'affaire le temps qu'ils n'auraient pas eu ce qu'ils désiraient. Et malheureusement, ce qu'elle donnait n'était pas suffisant. Qu'avaient tous ces gens à ne pas comprendre que tenter de l'aider était une perte de temps ? Elle n'en désirait aucune. Je ne pense pas que vous soyez là parce que vous n'aviez pas d'autre choix Aisling. Si tel était le cas vous auriez tout simplement signé une décharge à Ste Mangouste et n'auriez jamais franchi le pas de ma porte. Mais vous avez fait le choix de venir vous assoir là en face de moi et de me parler. Et je pense que vous aviez une excellente raison de le faire mais si je me trompe, sachez que vous êtes aussi libre de quitter ce cabinet que d'y entrer. Une légère moue releva les lèvres de la jeune briseuse de malédiction et elle se redressa dans son fauteuil : Le docteur Hawthorne ne m'a présenté aucun papier. C'est la seconde fois que l'on m'amène, inconsciente, à Sainte Mangouste et il ne me laissera pas partir avant d'être certain qu'il n'y en aura pas une troisième. Il se berçait de douces illusions. Le monde était de plus en plus insupportable pour la demoiselle Flynn et il n'était pas certain qu'elle ait la force de lutter contre ces monstrueuses apparitions encore longtemps. Le temps de s'occuper de Myfanwy. Après … C'était la première fois qu'elle pensait à mettre fin à ses jours et ce constat lui fit détourner le regard, se fixant sur la plume qui prenait des notes. Elle n'aimait guère cela. Les notes, pas cette pensée qui la laissait profondément de marbre.

Parlez moi de votre fardeau, de la façon dont vous le portez. Son attention revint sur la psychologue et elle décroisa les jambes pour les recroiser de l'autre côté. Elles perdaient leur temps, toutes les deux. Mais elle coopérerait, pour sortir le plus rapidement possible, avant de sans doute revenir et s'enterrer dans cette pièce blanche, sans fenêtre et sans miroir. J'accepte de vous aider. Mais je souhaiterais sortir cet après-midi. Je serai de retour dans quelques jours, mais quelqu'un a besoin de moi et je ne peux lui faire défaut. Elle finit par décroiser les jambes, posant ses mains par-dessus et considéra Tempérance : Cela a toujours fait partie de moi, si bien que je n'ai pas tout de suite compris que cela deviendrait un fardeau. Mais, passé un certain âge, certaines choses deviennent claires. Je mène une existence solitaire et le ferait toute ma vie, je l'ai rapidement su. Ma vie personnelle n'a quasiment aucune existence et je m'en accommode. Ce qui n'était qu'une demi-vérité, son don lui ayant coûté une amitié pendant des années, ce qui n'a fait que la renforcer dans l'idée que la fréquenter ne devait pas être une partie de plaisir : C'est dans le milieu professionnel que la réelle difficulté est apparue. Ma boutique étant dans l'allée des Embrumes, je ne rencontre que de monstrueuses personnes. Leur odeur autant que leur vision m'indispose. Au sens propre du terme. Je possède une potion, censée atténuer ces visions. Malheureusement, celle-ci a quelques défauts auxquels je dois mes séjours entre ces murs. Elle avait parlé d'une voix calme et égale, sans la même émotion. Elle ne souhaitait qu'une chose : donner satisfaction à cette personne et à sa plume, et vider les lieux.

_________________


There is a light ...
Revenir en haut Aller en bas
Temperance Hatcher



MessageSujet: Re: Figures Imposées - Ft. Temperance Dim 11 Nov - 11:04

« Le docteur Hawthorne ne m'a présenté aucun papier. C'est la seconde fois que l'on m'amène, inconsciente, à Sainte Mangouste et il ne me laissera pas partir avant d'être certain qu'il n'y en aura pas une troisième. »
« Je ne suis pas surprise. Il n'est pas dans son intérêt de vous faire signer une décharge s'il a le moindre doute, ceci étant sachez que vous le pouvez. »

Temperance n'avait aucun intérêt à signaler cette jeune femme pour un internement prolongé. Il ne lui fallait guère plus que les échanges qu'elles avaient déjà eu pour se rendre compte qu'elle était en face d'une personne saine d'esprit. Elle n'irait pas jusqu'à stable mais pour l'instant, le peu qu'elle savait de cette malédiction la poussait à croire que le noeud du problème se trouver dans la confrontation à l'autre. Les choses ne se règleraient donc pas en la mettant à l'isolement même si l'isolement avait pour certains patients l'avantage de les préserver d'eux-mêmes. Rester encore à voir si Mrs Flynn en était arrivée à ce stade-là ou pas.

Temperance nota un changement bref dans l'attitude de Mrs Flynn mais elle ne pouvait pas en déduire quoi que ce soit de formel pour l'instant.

« J'accepte de vous aider. Mais je souhaiterais sortir cet après-midi. Je serai de retour dans quelques jours, mais quelqu'un a besoin de moi et je ne peux lui faire défaut. »
« Je n'y vois a priori pas d'inconvénient. », jugea-t-elle prudemment.

A priori, avait-elle dit. Dans l'immédiat Mrs Flynn avait un projet. Ses yeux ne trahissaient rien qui ait réellement pu prêter à douter de sa sincérité. La conversation se poursuivant, Temperance renforçait son opinion sur ce premier diagnostic.

« Je possède une potion, censée atténuer ces visions. Malheureusement, celle-ci a quelques défauts auxquels je dois mes séjours entre ces murs.. », cette révélation fit tilter Temperance mais elle n'en laissa rien paraître.

Il y avait peut-être quelque chose qu'elle pourrait faire pour aider Mrs Flynn finalement, quelque chose dont elle verrait l'utilité immédiatement. Elle s'abstenait de tout commentaire avant d'en avoir touché deux mots au principal intéressé mais connaissant Sven, il prendrait plaisir à corriger la potion d'un autre parce que son égo n'en finirait pas de se gargariser quand il aurait mis la dernière main à sa création et la présenterait à Aisling Flynn. Bien sûr il énoncerait avec passion et brio les principes les plus élémentaires qui avaient fait défaut à la première potion et se faisant, il rayonnerait d'autosatisfaction. Et Temperance se baignerait dans cette aura chaleureuse de réussite. Elle aimait Sven pour ça aussi. Cette aptitude qu'il avait à se faire un bonheur de choses simples. L'enthousiasme qu'il mettait dans tout ce qu'il faisait même s'il cachait une blessure qui ne guérirait jamais.

« Je comprends. Ça n'a rien de répréhensible Mrs Flynn. Vous gérez cette situation avec les moyens qui sont à votre disposition. », tempéra la psychologue avant de reprendre, « Vous me parliez de quelqu'un à qui vous ne voudriez pas faire défaut... »

Contrairement à certains de ses confrères qui aimaient à pousser leurs patients dans leurs derniers retranchement, Temperance avait tendance à croire qu'il fallait laisser aux gens le temps nécessaire pour faire leur propre chemin vers les solutions qui leur convenaient. Le taux de réussite de ses thérapies ne laissait pas de lui donner raison même si en pratique cela prenait plus de temps.

_________________

Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Figures Imposées - Ft. Temperance

Revenir en haut Aller en bas

Figures Imposées - Ft. Temperance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Quelques vidéos de figures rebondissantes...
» Catalogue figures slack.fr
» Maelstrom Games
» Levee de l'embargo sur les armes imposes a Haiti
» Décès du papa de Raphaël Tilliard

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
King's Cross :: L'univers de King's Cross. :: Vox Populi. :: (saison1) RPs.-