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Y'a Pas d'Amour | Andrew

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Isleen E. O'Toole
JOURNALISTE INDEPENDANTE.



MessageSujet: Y'a Pas d'Amour | Andrew Mer 24 Oct - 7:13

Il pleut sur Londres.
As usual.
Dans les rues de la Grande Ville, abritée sous un parapluie, une silhouette féminine se profile. Elle dépasse aisément les autres femmes de la ville d'une tête, du haut de son mètre soixante-quinze monté sur des talons d'une hauteur respectable. Ses jambes interminables s'avancent rapidement, faisant claquer les chaussures contre le sol pavé du côté sorcier de la capitale. Où se rend-t-elle ? Au stade de Quidditch, évidemment. L'actualité appelait son engoument pour les sports sorciers – le sport en général – et surtout pour les beaux athlètes qui les pratiquaient.
Hey ! Tout le monde savait que la plupart des joueurs de Quidditch valaient le détour. Avec un peu de chance, elle pourrait même repartir avec un beau mâle sous le bras. Joignons l'utile à l'agréable : il lui fallait l'interview du dernier joueur accepté dans l'équipe nationale d'Angleterre, et si elle pouvait trouver de quoi lui tenir compagnie pour la nuit...
Ouh, bad Isleen, very bad !
Mais la jeune fille n'écoute pas sa narratrice, vous pensez bien. Elle ne suit que sa propre opinion, et ses propres désirs. Ses cheveux relevés, retenus par un ruban, se balancent au rythme de ses pas, caressant la veste en cuir de dragon qui couvre ses épaules ; la demoiselle contourne une mère de famille qui dispute ses enfants, sourit à un jeune homme qui manque de lui rentrer dedans, poursuit sa route.
Clac, clac, clac, clac.
Elle aurait certes pu transplaner jusqu'au stade, sans doute cela aurait-il été plus rapide... Et plus logique, avec la pluie qui sévissait. Mais elle préférait marcher, même sous son parapluie ; et puis elle était immunisée contre les intempéries, bonne Irlandais qu'elle était...

La foule est plus dense à l'approche du stade ; sans doute des fans venus dans l'espoir d'apercevoir l'équipe. Ou juste des touristes sorciers venus faire du repérage avant la Coupe du Monde. Isleen fend la foule sans sourciller, et c'est sans surprise qu'elle se fait refouler à l'entrée par un homme aussi large que haut. La jeune fille hausse un sourcil ; fort heureusement qu'elle n'était pas venue en transplanant, Merlin seul savait ce qui aurait pu lui arriver alors... Elle glisse une main dans son sac à main et sort sa carte de presse qu'elle colle sous le nez de Gorille, sa voix claquant l'air avec un calme surprenant :
« Isleen O'Toole, je suis ici pour l'Équipe Sorcière» déclare-t-elle simplement, en détachant bien chaque mots de la revue sportive pour laquelle elle comptait faire son interview. « Je vous ai informé de ma venue pour une interview d'un joueur. »
Un grognement lui répond. Même pas peur, mon coco, son père est passé expert ès grognement, elle sait ce que c'est. Et elle n'a peur de rien, c'est une folle, c'est une dingue ! Elle passera, foi d'O'Toole ! Et malgré quelques protestations marmonnées, le gardien de sécurité défait la barrière magique d'un coup de baguette, et laisse passer la brunette qui n'attend pas pour aller s'engouffrer dans les couloirs du stade.
Clac, clac, clac, les talons résonnent dans tout le couloir, annonçant l'arrivée d'une femme dans cet univers majoritairement masculin. Ou du moins, de personnes qui ne portent pas ce genre de chaussures – avouez que jouer au Quidditch en talons hauts ne devait pas être des plus pratiques...
Le bureau de l'entraineur, lui avait-on dit, serait parfait pour échanger avec le joueur. Il l'y attendrait déjà, normalement. La jeune fille croise le manager de l'équipe en premier lieu – pff, toutes ces personnes à passer pour une seule interview... – lui serre la main avec un sourire qui n'est pas sans rappeler celui de la vendeuse du Supermarché du coin, et le suit dans le dédale des couloirs jusqu'au bureau où l'attend le joueur.

La porte s'ouvre, le manager se glisse dans l'embrasure.
« Le journaliste est là. Tu es prêt? » demande-t-il simplement. Et il attend l'acquiescement pour laisser passer la jeune fille, qui le remercie une dernière fois avant de le laisser fermer la porte. Alors seulement commence-t-elle à parler.
« Bonjour, je suis Miss O'Toole pour l'Éq-... » Isleen s'interrompt brusquement lorsque ses yeux accrochent le joueur qu'elle est censée interviewer. Un instant de silence, et son visage se fend d'un immense sourire qui n'a rien de spécialement rassurant pour autant.
« Voyez-vous cela... Andy-sans-père, joueur de Quidditch professionnel ? » raille-t-elle calmement. « Les Cognards n'ont pas encore eu raison de tes rares neurones? »
Eh bien, qui eut cru que ces deux jeunes gens ne s'étaient pas croisés depuis plusieurs années, quand on voit l'entrée en matière... Et l'Irlandaise sort sa baguette, fait apparaître un fauteuil de nulle part, et s'y installe élégamment en croisant les jambes dans son jean gris. Elle fouille un peu dans son sac, sort un carnet de notes et une plume à papote, laissant le tout travailler tout seul pour aider son interview.
C'était parti.

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Andrew L. Nott
JOUEUR DE QUIDDITCH PROFESSIONNEL.



MessageSujet: Re: Y'a Pas d'Amour | Andrew Mer 24 Oct - 11:06

Ca y est. Il y était parvenu. Il était entré dans l'équipe de Quidditch nationale. Recruté depuis peu, il avait commencé l'entraînement cette semaine, et à vrai dire, il n'avait pas trop de mal à suivre. Ayant un entraînement personnel sans reproche, et particulièrement discipliné, il trouvait la plupart des exercices physiques simples. Courir autour du terrain ne posait pas de problème, pas plus que les entraînements au sol en général. Et évidemment, sur son balais, il s'en sortait plus que bien, sinon il ne ferait pas parti de l'équipe. Il prenait le rythme donc, et sans doute trouverait-il bientôt tout ça trop facile. En fait, le plus compliqué venait surtout du fait qu'il devait apprendre à connaître ses coéquipiers. Et s'il parvenait sans trop de mal à se lier de manière assez général, certains de ses collègues allaient rapidement lui taper sur le système. Il pensait notamment à ce crétin fini qui lui servait de partenaire de batteur, Craig Davis. A croire qu'il s'était pris trop de cognard dans le crâne. Andrew avait l'impression qu'à part balancer des coups de batte, il ne savait pas faire grand chose, et d'accord, il s'en sortait bien, mais c'était uniquement de la chance. Il n'avait aucun talent particulier, et si son ancien partenaire était pareil, pas étonnant que l'équipe galère autant. Les autres joueurs ne devaient avoir absolument aucune protection conte les balles rouges. Parce que d'accord, au niveau de l'attaque, ça y allait, mais il y avait vraiment de gros trous dans la défense. Et ça... Bon sang, ça ne pouvait pas rester comme ça.
Et s'il avait conscience qu'il était nécessaire d'être solidaire avec son coéquipier et de se coordonner avec lui, il devrait lui imposer un minimum de stratégie, sinon autant quitter le terrain directement. Il en parlerait avec le coach, dès qu'il le pourrait. Sans doute profiterait-il de le faire aujourd'hui, puisqu'il devrait attendre dans le bureau de ce dernier pour une interview. Parce que oui, il avait une interview aujourd'hui, pour le célèbre journal L'Equipe Sorcière. Si c'était pas la classe ça. Bon, en même temps, il était probablement la dernière nouveauté du moment, étant donné que la prochaine Ligue, Coupe, Saison ou autre n'avait encore commencé. Et puis bon, il était du sang bien neuf dans l'équipe, qui avait tendance à un peu beaucoup se reposer sur ses acquis. Il était le premier changement d'autres qui arriveraient bientôt, parce qu'il avait bien dans l'idée de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière, pour faire changer les choses. L'équipe n'avait rien gagné depuis un moment là, plus rien n'allait. Enfin bon.

L'entraînement de la journée se passa bien, si on oubliait le fait que Grant se prit un cognard perdu par Davis, qui faillit le faire tomber de son balai. Par le pyjama à ourson de Merlin, ce type était vraiment un boulet. Et même s'il restait un bon joueur, il n'était pas assez bon pour faire partie de cette équipe. Enfin bon, ça, il y reviendrait plus tard. Après une bonne douche dans les vestiaires, il se rhabilla tranquillement, refusa poliment la proposition de ses collègues d'aller voire un verre, leur rappelant qu'il avait une interview.
« Hé, si c'est une journaliste canon, essaye de la ramener si tu passes après, on sera chez Grant !
- Ahah, tu penses, ça sera sans doute un vieux fana de sport ! »

Ouais, un vieux fana de sport ventripotent. Il n'aura alors qu'à faire son sportif modeste, et tout se passera pour le mieux. Il sera sans doute questionné sur la Coupe du Monde à venir, et sur ses ambitions dans l'équipe, l'entente avec les autres. Enfin, peut-être, il ne savait pas trop. Il verrait bien. Mais il doutait fortement de tomber sur une belle jeune femme à la poitrine aussi opulente que devrait l'être le ventre du journaliste qu'il imaginait en cet instant. Bref, autant dire qu'il n'était pas très optimiste à ce sujet.

Arrivé dans le bureau du coach, celui-ci y était encore, rédigeant une sorte de rapport pour le journal de l'équipe, voir les progrès fait. Il semblait d'assez mauvaise humeur. Faut dire, les progrès, c'était pas ça. Andrew laissa tomber son sac dans un coin de la pièce, alors que le coach leva les yeux. « Ah oui c'est vrai, l'interview. Bon, je finis ça et je pars, je te laisserai verrouiller en partant du coup.
- Sûr. Dites, pendant que je suis là, je voudrais vous parler au sujet de Craig. Vous voudriez pas le remplacer ? »
Echange de regard, et éclat de rire des deux. Bon, bah c'était pas gagné pour le faire changer ou... Oui, non, peut-être. Bon... L'échange se poursuivit finalement, plus sérieusement.
« Non, malheureusement Andrew, non. Je sais qu'il n'est pas super, mais on a pas trop les moyens pour ça en ce moment. Pas avec les agitations du moment. Plus tard, éventuellement. Peut-être qu'on peut l'améliorer encore.
- Je vois. Peut-être... Mais il faudrait vraiment faire un truc, en tout cas.
- Oui. Bon, j'ai fini, je vais attendre qu'il arrive pour te laisser.
- Ca marche. »

Andrew poussa un soupir quand le manager quita la pièce, et il alla s'installer sur son siège, derrière le bureau. Plutôt confortable. Installé de façon peu distingué, il avait les fesses à moitié en dehors du fauteuil et ses épaules atteignaient le dossier sans problème, alors qu'il aurait dû le dépasser. Le jeune homme tourna un peu sur lui-même avant de s'arrêter, en entendant les chaussures dans les couloirs. Il rêvait où il entendait des talons ? Bon sang, ses collègues ne se seraient donc pas trompés et... Il se redressa instantanément, prêt à lancer un sourire charmeur à la femme qui franchirait cete porte. Son instinct de mal espérait qu'au bout de ces talons se trouveraient une créature de rêve qui serait prête à-
Oh. Oh putain ! Par les chaussettes de Dumbledore ! Pas elle ! Plus qu'une créature de rêve, une harpie venait d'entrer dans la salle, et il n'avait aucune issue par laquelle s'enfuir. Il pouvait toujours transplaner, quitter les lieux et... Non, c'était trop tard. Puis il était venu en vélo, il ne pouvait pas abandonner la pauvre bête comme ça. Bon.

Il fit un petit sourire amusé face à la moquerie d'Isleen, prenant l'attitude décontracté de celui que ça ne touchait pas.

« Mieux vaut-il avoir des neurones que pas du tout. Et puis il me semble que c'était pas trop ce que tu disais hier soir. » Malgré les années, les habitudes revenaient bien vite visiblement. Mais bon, la question n'était pas vraiment là. Le jeune homme ainsi surpris, fini tout de même par se remettre. Il ne s'attendait pas vraiment à la voir ici, et pendant qu'elle s'installait, il prit la parole. « Mais je suis également surpris de te voir ici, dans mes souvenirs tu voulais devenir une grande journaliste. Et je ne pense pas qu'on puisse dire qu'être dans un journal sportif puisse être qualifié de réussite dans ton métier. » Raison pour laquelle il s'attendait plus à voir un homme ventripotent, et pas... Elle.
Ah ! Le vile destin.

« Mais bon, je suppose que tu ne pouvais pas faire mieux. »

Mauvaise foi, tout ça. Il affichait en tout cas un petit sourire fier et moqueur. Il avait bien vite oublié le fait qu'il devait faire bonne figure face à la presse. De toute façon, maintenant que son contrat était signé...
Il n'avait plus qu'à attendre les question.

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Isleen E. O'Toole
JOURNALISTE INDEPENDANTE.



MessageSujet: Re: Y'a Pas d'Amour | Andrew Mer 24 Oct - 15:46

Non ce n'était pas ce qu'elle disait la veille.
Leur réplique favorite, qui avait la légère tendance à être ressortie à toutes les sauces. Parfois, on aurait pu voir en eux le stéréotype du vieux couple, toujours prêts à se lancer des remarques les plus cyniques les unes que les autres, se connaissant tellement bien qu'on se demandait encore comment ils pouvaient se surprendre – et croyez moi qu'ils y parvenaient toujours.
Enfin qu'Andrew parle. À peine avait-il ouvert la bouche que la Plume à Papote s'activait sur les pages du petit carnet, écrivant activement. Un avertissement ? Sans doute. Qu'il fasse attention, contrat signé ou non, la petite femme face à lui était une journaliste reconnue, et avait donc le pouvoir – mwahahaha !! – de mettre un terme à sa réputation et donc à tout renouvellement de contrat dans quelque équipe que ce soit. Ne sous-estimez pas les journalistes, mes amis ~ Surtout Isleen qui n'aurait absolument aucun scrupule à retranscrire certaines de ses paroles si ça pouvait servir ses propres intérêts.
Jambes croisées, les yeux ancrés sur la cible qui se trouvait face à elle, la jeune fille laisse un sourire en coin se dessiner sur son visage. Elle était contente de le voir finalement. Ça ajouterait un peu de piment à sa petite vie de journaliste.
Par contre, elle pouvait oublier l'option de repartir avec le joueur qu'elle devait interviewer.

« Je publie dans toutes sortes de journaux, mon petit. » réplique-t-elle tout à fait calmement. « Je suis une journaliste très demandée, et ma passion pour le Quidditch m'a amenée ici pour aujourd'hui. Si tu suivais l'actualité, tu saurais que je publie des articles très diversifiés... Mais visiblement, les Cognards t'ont déjà trop attaqué pour cela. »

Mais elle n'était pas vraiment ici pour une petite joute verbale comme ils en avaient partagées un paquet dans leur adolescence. Non, aujourd'hui elle devait mener son interview. Et, étonnamment, même alors que le silence s'installait, la plume continuait d'écrire.
Tout cela serait plus rapide que prévu. La jeune fille réfléchissait à toute vitesse, sélectionnant ses questions. Oh ça oui, elle allait faire son article sportif, tout irait bien. Et elle en profiterait pour contacter des tabloïds sorciers. Parce qu'elle avait un nombre de dossiers incalculables sur lui et se ferait sans doute une joie de publier à l'occasion. Et puis, publier dans ces journaux de seconde zone ne demandait pas beaucoup d'effort. Elle pouvait bien faire ça entre sa chronique politique et son reportage sur les Noirs des Hébrides. Ça serait reposant.

« Quoi qu'il en soit, je vois que tu es à l'aise à l'idée de faire ta première apparition dans la presse... » Ironie oblige, elle fait évidemment référence à son accueil pour le moins familier et à son allure décontractée. « Tu aurais des commentaires à faire au sujet de ta nomination au sein de l'équipe nationale d'Angleterre ? Qu'est-ce que ça t'a fait d'être sélectionné parmi tant d'autres? »
Les réponses étaient multiples, évidemment. Le problème était alors dans le choix des mots. Par ailleurs, la plume cesse de s'agiter, et se redresse, comme si elle fixait Andrew dans l'attente d'une réponse. Pendant ce temps, la journaliste, elle, fouille dans son sac à main et en sort une belle pomme – bien rouge, Blanche-Neige oblige – avant de croquer dedans à pleines dents ; paradoxalement, elle réussissait à garder une élégance certaine dans cette situation – merci Maman de m'avoir appris à pouvoir être une morphale sans passer pour tel – et surtout, son rouge à lèvres semblait rester scotché à ses lèvres malgré ce qu'elle lui faisait subir.
C'est beau la magie.

« Il y a beaucoup de réserves de la part de la communauté sorcière, vis à vis de tes origines, et au sujet du fait que tu n'es pas anglais pur souche... Et donc qu'on aurait du donner cette place à un joueur qui lui était anglais. Que leur répondrais-tu ? »
Et hop, on croque à nouveau dans la pomme, et on ne laisse pas s'échapper le vil jus qui tente de se faire la malle. La jeune fille passe donc la langue sur la commissure de ses lèvres, inconsciemment – si, si, j'vous jure, attendez, pas avec Andrew, c'est dégueulasse... – sans le quitter des yeux.
Remarquez qu'elle n'a pas fait une seule réflexion sur le père du jeune homme dans ce post. C'est tout de même un exploit à relever.

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Andrew L. Nott
JOUEUR DE QUIDDITCH PROFESSIONNEL.



MessageSujet: Re: Y'a Pas d'Amour | Andrew Jeu 25 Oct - 17:00

Rah, les plumes à papote, ce fléau ! Andrew avait bien envie de lui lancer un sortilège de confusion, pour la faire cesser d'écrire. Et comme ça, ça forcerait Isleen à prendre ses propres notes. Ce qui ne lui ferait pas le moindre mal, après tout, étant journaliste, elle se devait d'avoir toujours du matériel sur elle. Et au pire, il y avait celles du coach. Il ne se formaliserait sans doute pas de l'emprunt, surtout connaissant l'homme qui espérait la meilleure pub possible pour le club. Autant dire que ce n'était pas avec Andrew que ça arriverait le plus facilement. Du moins pas avec Andrew en face de sa vieille amie. Si on pouvait qualifier leur relation d'amicale. Sans doute l'était-elle en un sens. Toutes ces années passées à faire craquer des professeurs et à s'envoyer diverses remarques, ça ne s'oubliait sans doute pas. Sans même parler du nombre incalculable de fois qu'ils avaient tout fait pour empêcher l'autre de pouvoir réussir à repartir avec quelqu'un pour se détendre de façon plus festive et intime qu'en discutant simplement. Et si cette tradition avait longtemps existé entre eux, nul doute qu'elle n'était pas prête de s'éteindre.
En tout cas, il se souviendrait toute sa vie de la fois où, alors qu'il était accoudé à un mur, draguant une fille tranquillement, elle s'était avancé vers lui d'un pas rageur pour lui coller une claque et l'accuser de la tromper, avant de repartir d'un pas rageur. Ca avait eu pour effet de particulièrement énerver l'autre fille, qui lui en avait mise une à son tour avant de s'en aller également. Ah ça, il ne l'avait pas oublié le coup là, vous pouvez en être certain.
Mais je m'égare mes amis, je m'égare.

Ceci étant, il l'observa, appuyé contre le dossier de son propre fauteuil, la toisant du regard. Il avait tendance à se méfier un peu d'elle. Elle lui avait fait trop de coups tordus pour qu'il puisse se sentir parfaitement en sécurité pour le coup. Même si de fait, il connaissait mieux le terrain. Ce qui pourrait se révéler particulièrement fourbe, le pousser à se détendre et à faire un faux pas, et ça il valait mieux l'éviter. Il devrait donc faire un sans faute. Et connaissant Isleen et son esprit retord, ça ne serait pas la chose la plus simple à faire. Et ça... Ca serait un putain de défi ! Un sourire naquit sur son visage, alors qu'elle envoyait les dernières répliques avant l'interview. Bon sang, c'est que ça lui avait presque manqué, ce piquant. Un vrai hérisson ! Mais maintenant que la plume à papote était là, il s'abstint de répondre. De toute façon, inutile de faire durer la joute verbale. Ils auraient d'autres occasions. Ou peut-être pas. Bah... Ils verraient bien. Après tout, si elle était une journaliste si connue – ce qui n'étonnait pas vraiment Andrew dans le fond – nul doute qu'ils seraient amené à se revoir. En tout cas, il devrait songer à lire plus souvent qui écrivait les articles dans le journal. Puisque visiblement il avait loupé le fait qu'elle soit une journaliste renommée.
Mais bon. Les questions.

Il ne peut empêcher un petit air fier et amusé d'apparaître sur son visage à la remarque ironique de la jeune femme. Oh non, pour le coup, il n'était pas stressé le moins du monde. Bon d'accord, peut-être ressentait-il une légère pression face à ça, mais c'était bien tout. Du reste, il avait toujours été habitué à recevoir l'attention des gens et à parler. Il avait hérité ça de sa mère. Parler sans gêne, en s'exprimant aussi librement que possible. Le tout associé à la fourberie de Samara, ça avait fait des ravages. Surtout dans les rangs des filles, et chez ceux qui avaient eu à subir les mauvaises intention du jeune homme. Et évidemment, ses mères occupant des postes plutôt important au sein du ministère, il avait déjà pu se rendre à des réceptions, et savait donc comment occuper une conversation, répondre à des attentes dans les conversations et la façon dont il pouvait bien orienter les questions pour que ça l'arrange. Hé, il avait aussi pu être engagé grâce à ça. C'était un Nott après tout, allons.

« Hé bien je suis particulièrement fier de pouvoir intégrer cette équipe. Ma sélection, et bien que chacun des joueurs pré-sélectionnés étaient excellents, n'a pas été particulièrement une surprise. J'avais confiance en moi, en mes capacités, et j'ai eu bien raison, cette foi m'a beaucoup aidé à surmonté mon stress. Je suis en tout cas heureux de pouvoir être parmi mes coéquipiers aujourd'hui, et de représenter ainsi mon pays. »

Il est plutôt content de sa réponse, et il en profite donc pour reprendre une position plus décontractée, alors qu'elle fait apparaître une pomme. Les bras sur les accoudoirs, il a le mollet qui vient se poser sur son genou, alors qu'il continue de regarder sa vis-à-vis, qui amène sa prochaine question. Oui, forcément, c'était une suite logique. Il cherche alors ses mots quelques secondes, temps qu'il faut à la jolie brune pour prendre une nouvelle bouchée de sa pauvre victime de pomme.
Et comment elle fait pour manger un fruit pareil comme ça ? Non, là sérieusement, Andrew se posait la question, se raclant discrètement la gorge, tout en prenant une position qui se voulait plus décontracté. La femme en face d'elle était diabolique, et s'il ne la connaissait pas aussi bien, il jurerait qu'elle fait exprès de faire tous ces trucs suggestifs avec sa langue là. Bon... Il n'y avait eu qu'un truc vaguement suggestif, mais quand même, c'était injuste. De la triche. Mais ça n'ébranle (Ahah) pas sa concentration, loin de là.

« Je leur dirais que je suis autant anglais qu'un autre. Pour commencer, j'ai vécu ici une grande partie de ma vie. Sans même parler du fait que je suis un Nott, et comme c'est inscrit dans son nom même, cette famille vient de l'Angleterre et y trouve ses origines. Des origines dont je connais l'importance, et dont je suis particulièrement fier. Ma mère, Esther Nott, a toujours tenu à ce que j'ai conscience de cet héritage. » Isleen ferait probablement une note à la rédaction pour qu'on précise la raison pour laquelle Andrew avait eu besoin de préciser le prénom de sa mère. Ou pas, il ne savait pas trop, mais à vrai dire, ça ne le dérangerait pas vraiment en tant que tel. Il n'avait aucune raison de s'en cacher. Et puis il poursuivit, sur une pointe un peu plus humoristique, ce qui s'entendait au son de sa voix. « Après tout, avoir la double nationalité ne m'empêche absolument pas d'aimer l'Angleterre, au contraire. J'ai d'ailleurs même connu une jeune femme Irlandaise et Ecossaise qui aimait d'autant plus ces deux pays qu'elle avait su hériter de l'un comme de l'autre. Bien que ça ne soit pas uniquement des bons côté, croyez-moi ! » Dans son sourire innocent se glisse une pointe quelque peu narquoise, qu'Isleen n'aurait sans doute pas le moindre mal à reconnaître.

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Isleen E. O'Toole
JOURNALISTE INDEPENDANTE.



MessageSujet: Re: Y'a Pas d'Amour | Andrew Mar 4 Déc - 13:07

La plume à papote avait été, depuis le début de sa carrière – de sa jeune carrière, devrais-je dire – sa meilleure amie. Amie traîtresse, parfois, d'ailleurs, qui, à vouloir trop bien faire, avait tendance à écrire tout ce qui pouvait passer par la tête de la jeune femme. Un exemple ? Guettez la qui glisse gracieusement sur le parchemin, décrivant des courbes dans cette écriture si féminine, si typique au final. Un commentaire cynique se glisse entre deux lignes, résultat d'un jeu de mots qui passait par là. Et puis la prise de notes se poursuit, se remettant dans le droit chemin de la concentration de sa propriétaire. Attentive, Isleen continue sans rechigner, écoutant les paroles attendues du joueur de Quidditch.
Attendues oui. Prévisibles, certainement. N'importe quel joueur aurait pu lui servir ce tissu de banalités.
Et la jeune fille de mordre dans sa pomme à pleines dents une nouvelle fois. Elle interrompt son geste, toutefois, en entendant l'allusion de son comparse, qui évoque une jeune fille à l'amour inconditionnel pour les deux patries desquelles elle est issue. Oh. Inattendu.
La plume à papote, pour autant, n'a pas cessé de gratter le parchemin. Ne me demandez pas pour quelle raison elle a trouvé utile de rappeler à l'Irlandaise de racheter des capotes. Sans doute le maintien masculin d'Andrew lui avait-il rappelé que, si elle voulait chasser ce soir, il faudrait qu'elle se perde dans le Londres Moldu pour obtenir ces petites choses somme toute bien utile.
Bien sûr que ça n'avait aucun rapport avec le jeune homme en tant que tel. Évidemment. Manquerait plus que ça.
Pour autant, aucun sourire ne vient éclairer le doux visage de la journaliste. Digne héritière de la Poker Face partenelle, elle croque dans sa pomme, à nouveau, sans le quitter des yeux. Et ne tarde pas à reprendre ses questions, suivant son instinct. Aucune n'était prévue ; certes elle avait préparé quelques banalités, mais elles lui semblaient superflues, pour le coup. Elle connaissait déjà les réponses.
Soyons francs : elle n'allait pas l'interroger sur son parcours, sur ses motivations, ni sur sa vie personnelle. Dans les deux premiers cas, elle le savait déjà, dans le dernier, elle s'en contre-fichait. Elle préfère l'interroger sur ses sentiments vis à vis de la Coupe du Monde à venir, l'entente dans l'équipe, essaie de voir s'il a des informations encore inédites sur ladite Coupe. Elle se permet de dériver un peu, pour enquêter sur sa toute nouvelle célébrité – ou qui, du moins, n'allait plus tarder – son ressenti vis à vis des journalistes de tabloïds sorciers – aka pas elle, elle ne publiait pas dans la presse de seconde zone, attendez – s'autorise à lui lancer une pique de temps à autre.
Les joies d'un passé retrouvé... Et d'une complicité en demi-teinte, qui revient plus facilement qu'on n'aurait pu le penser de prime abord.

Le trognon du fruit est lancé sans plus de cérémonie dans une corbeille à papiers que la jeune a repéré vers le bureau. Elle fait mouche du premier coup, mais ne s'en émeut pas. La plume à papote se met alors à noter, sur le parchemin, qu'Isleen devrait penser à racheter des fruits.
L'interview, déjà, après de longues minutes passées à échanger remarques narquoises et provocations subtiles, touche à sa fin. La jeune femme n'a pas perdu son port altier durant l'échange, et se contente d'attraper sa plume folle lorsqu'elle en a terminé avec les questions. Le parchemin s'enroule de lui-même et vient sur les genoux d'Isleen qui ne tarde pas à le fourrer dans son sac... Avec sa fidèle compagne.
Voilà qui était fait.
Maintenant...

« Bon, maintenant qu'on en a terminé avec les formalités... » entame-t-elle calmement, suspendant sa phrase quelques secondes – pour l'effet, c'était toujours mieux avec une jolie pause. Elle en profite pour sortir la montre à gousset obtenue à sa majorité et vérifier l'heure. Hm. Elle avait encore du temps devant elle. Pas mal même, si elle sautait la séance d'entrainement à laquelle elle comptait se rendre jusqu'à lors. « Je t'offre un verre ? Un mauvais joueur comme toi doit à peine avoir de quoi se nourrir, ça te fera de bien de boire une bonne bière Irlandaise. »
Narquoise, avec une pique parfaitement gratuite. Elle n'était pas dans le besoin mais ne roulait pas sur l'or non plus, et nul doute qu'elle touchait sans doute moins que lui – en début de carrière, elle ne pouvait pas rêver toucher un salaire monstrueusement conséquence. Mais bon, il fallait bien ré-équilibrer l'invitation d'une façon ou d'une autre.
Avait-il quelque chose de prévu ensuite ?
AH ! Andrew, avoir une vie sociale ? Au mieux, il devait avoir une blondasse qui l'attendait dans un coin, la bouche en cul de poule et à genoux sur le sol. Une personne insipide qui n'avait une utilité qui n'était que ... Charnelle.
Un peu comme les joueurs qu'elle allait cueillir à la sortie des stades...
« Qui sait, peut-être que ma compagnie saura, dans mon altruisme infini, rehausser ton quotient intellectuel. » conclut-elle en se levant de son fauteuil, lequel disparaît alors aussitôt. Allez mon poussin, les cartes sont dans ton camp. Une petite soirée au coin d'un feu, dans un pub quelconque, avec une bonne bière... Ça ne se refuse pas.

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